samedi 1 octobre 2011

Qui connaît IDG ?

Qui connaît IDG ? Si vous posez la question à un saint-quentinois, je ne suis pas certain qu'il pourrait décliner ce sigle politique. PS, PCF, NPA, LO, oui, mais IDG, ce n'est pas sûr du tout. Pourtant, l'Initiative Démocratique de Gauche, puisque c'est son nom, est une formation qui vient de fêter il y a quelques jours son vingtième anniversaire en présence, excusez du peu, du président de la région, du premier vice-président du département, du député de la circonscription et de plusieurs élus au conseil général et régional ainsi que municipaux. Je ne vois pas, sur ce territoire qui va de Soissons à Saint-Quentin, un parti capable de faire aussi bien, y compris socialiste. IDG, méconnu mais politiquement influente ... N'a-t-elle pas sept élus au département, un groupe à part entière ? Le phénomène est assez étonnant, très particulier, presque inclassable.

Quand je me suis installé à Saint-Quentin en 1998, Odette Grzegrzulka venait d'être élue député PS depuis plus d'un an et ne jurait que par ... IDG, dont Roland Renard, son suppléant, était le fondateur. Odette a commis des erreurs politiques, mais elle avait du flair. J'avais alors le sentiment qu'elle s'appuyait plus sur ce mouvement que sur la section socialiste. En bonne ancienne maoïste qu'elle était, Odette, pour conserver sa circonscription, comptait encercler la ville de Saint-Quentin, aux mains de la droite, par les campagnes influencées par l'IDG. C'était pour moi, socialiste de stricte obédience, une stratégie assez déroutante ...

Aujourd'hui, je suis pensif en constatant que l'IDG s'est enracinée électoralement, est devenue populaire, s'est installée dans la zone la plus à gauche de l'Aisne, là où le PS, parti puissant, parti de gouvernement, premier parti de gauche, aurait normalement dû émerger et dominer. La réussite surprenante d'IDG est notre échec. Car de quoi ce mouvement est-il né ? Des dissensions dans les grands partis progressistes, PS et PCF.

Il y a de quoi longuement et douloureusement méditer : la culture d'appareil a ses limites, le périmètre des sections traditionnelles est trop étriqué. La supériorité d'IDG est celle d'une organisation en réseau, très souple, ouverte, qui élargit son influence du centre gauche, le PRG, à une gauche plus radicale, le Front de Gauche. Pas de leader attitré, pas de courants, beaucoup d'individualités très différentes : finalement, la force d'IDG réside dans une forme inattendue de modernité.

Si IDG était social-démocrate (ce qu'elle n'est pas, sa ligne étant nettement plus à gauche), je m'y sentirais sans doute mieux qu'au PS, du moins tel qu'il existe localement. La forme partidaire est en crise, c'est une banalité de le rappeler. Mais je ne crois pas non plus que la solution soit dans la multiplication de structures extérieures au PS et au PC.

Avec les primaires citoyennes, le parti socialiste est entré dans un processus de rénovation aux effets incalculables et forcément bénéfiques. C'est en son sein que la transformation de la gauche doit être menée, aussi difficile soit-elle dans les secteurs où la résistance au changement est forte. Le neuf n'apparaît pas sans bousculer le vieux.

Ce qu'IDG a fait à son échelle, s'ouvrir, s'assouplir, se diversifier, se démocratiser, les sections socialistes le peuvent aussi, et retrouver ainsi, là où elles sont marginalisées, le leadership qui est logiquement celui d'un parti d'alternance, de gouvernement.

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