jeudi 30 juin 2016

Nuage au-dessus de la colline




Je m'attendais à ce que le FN tracte ce soir devant Saint-Jacques, à l'entrée de l'exposition sur l'art chinois. La dernière fois, c'était contre les migrants de Calais que les fachos avaient protesté, au même endroit. Juifs, Arabes ou Chinois, ils n'aiment pas (leurs élus municipaux s'inquiètent du jumelage avec la grande ville chinoise). Mais non, la pluie cette fois les aura sûrement dissuadés.

Quatre artistes étaient au rendez-vous : Zheng Ke, Feng Junxiong, Yan Yun et Claude Lesur (en vignette 1, sauf la dernière). Marie-Laurence Maître a ouvert le vernissage en anglais et Alexis Grandin l'a conclu en chinois (il a 60 heures d'apprentissage de la langue derrière lui). L'adjointe à la Culture a fait l'éloge des relations sino-saint-quentinoises en ces termes : "La Chine et Saint-Quentin ont une longue histoire à écrire ensemble : l'art de vivre". Zheng Ke a souligné que "l'expressionnisme figuratif" était le style qui unissait les quatre exposants.

Au moment du cocktail, une douce musique chinoise est descendue du ciel (le plafond). Claude Lesur a rappelé qu'elle était une amie de trente ans de Tchang, cher au cœur d'Hergé, mis en scène dans les aventures de Tintin et Milou (vignette 3, une de ses œuvres). Marie-Laurence Maître a aussi tenu à mettre à l'honneur l'équipe du service culturel, nommée les 3D, parce que leurs noms de famille débutent par cette lettre (Eva, Maryse et Anta, vignette 4). Un tableau a particulièrement retenu mon attention : Nuage au-dessus de la colline, de Feng Junxiong (vignette 2). Mais pas un nuage, pas un facho ne sont venus assombrir la manifestation. Vive la Chine, vive Saint-Quentin, vive l'art !

4 commentaires:

Maxime Lépine a dit…

Vous êtes énervant: les migrants de Calais et l'art chinois, cela n'a rien à voir! D'une part l'exposition sur les migrants n'était pas artistique mais politique (on se demande qu'elle mouche avait piqué le maire d'ailleurs). D'autre part il n'y a pas dix milles chinois qui pourrissent la vie de nos concitoyens du Calaisis à ce que je sache?

Emmanuel Mousset a dit…

Maxime, ma fonction locale est en effet d'énerver, à droite comme à gauche, mais le plus intelligemment possible. Sur le fond : je n'ai pas un sens esthétique très développé, mais l'expo sur Calais était artistique, pas politique. C'est le FN qui l'a politisée. Enfin, je ne crois pas qu'il y ait 10 000 migrants à Calais. Et même si cela était, il y aurait des raisons à cette situation, et c'est la responsabilité du pouvoir politique d'y remédier avec efficacité et humanité. Surtout, la xénophobie n'est ni une question de nombre ni d'origine. A Saint-Quentin, en conseil municipal, le FN est tellement réticent à l'égard de tout ce qui peut avoir trait à l'étranger que ça en devient presque comique.

Philippe a dit…

Les migrants de Calais sont pour la plupart des hommes en âge soit d'être incorporés dans l'Armée de leur pays, soit de participer au développement économique de leur pays.
Ils sont pour la plupart ou des déserteurs ou des complices du néo-colonialisme.
Pour ces deux motifs ils doivent être confinés dans des camps gérés par le Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU avec pour objectif d'organiser leur rapatriement dans les pays d'origine.

Maxime Lépine a dit…

Le choix du sujet de l'oeuvre est en soit politique dans le cas des migrants de Calais, c'est ça le problème. Vous ne pouvez pas dire que ce choix est neutre politiquement. De toute façon il y a bien des oeuvres d'art politiques comme Guernica pour ne citer qu'un exemple.

On doit pas être loin des 10 000; en ordre de grandeur en tout cas on est bien sur du 10 puissance trois.