vendredi 1 juillet 2016

Hollande, notre candidat



François Hollande sera le candidat de la gauche à l'élection présidentielle, comme Jean-Luc Mélenchon sera le candidat de l'extrême gauche. A lire Les Echos d'hier, il n'y a pas à en douter. C'est d'ailleurs une candidature naturelle. Elle passera par une primaire, pour voir qui prendra la responsabilité, chez les socialistes, de s'opposer au gouvernement. Car il est bien beau de fronder : il y a un moment où il faut s'engager et proposer.

Dans Les Echos, Hollande prend ses responsabilités, et c'est d'abord ça qu'on attend d'un homme politique et d'un homme d'Etat. Le 49-3 pour faire passer la loi travail ? Oui, si nécessaire. Et si le président répondait non, s'il s'inclinait devant une petite minorité de députés, alors il serait irresponsable.

De même à l'égard des Anglais : ce peuple ne veut plus de l'Europe, qu'il assume son choix et qu'il parte au plus vite ! Quand on voit que Boris Johnson, grande gueule antieuropéenne, refuse maintenant s'assumer la responsabilité de Premier ministre, on comprend quel est le degré de courage, de cohérence et de compétence des antieuropéens. Hollande a raison aussi de ne pas vouloir de ce type de référendum en France, puisque c'est une foire aux mensonges, aux divisions et à la violence. L'Europe, nous en reparlerons, dans moins d'un an, pour l'élection présidentielle : et là, chacun prendra ses responsabilités et présentera son projet.

Notre-Dame-des-Landes : c'est oui à l'aéroport, et je m'en réjouis. Il faut maintenant évacuer sans faiblesse ceux qui n'ont jamais accepter de suivre la démocratie, mais qui ne songent qu'à répandre le désordre. Baisse d'impôts pour les classes moyennes, promet Hollande. Que peut-il faire d'autres ? Les classes moyennes ont pris le pouvoir en France. Le sort d'une élection dépend d'elles. Que veulent-elles ? Plus de justice, plus d'égalité, plus de solidarité ? Non, elles veulent plus de pouvoir d'achat. Les salaires peuvent difficilement augmenter, et puis ça ne dépend pas du gouvernement : alors, allons-y pour la baisse d'impôts, qui fait toujours plaisir, surtout aux classes moyennes.

Donald Trump ? Hollande appelle un chat un chat, et la responsabilité en politique commence par l'usage juste des mots. Trump est un milliardaire d'extrême droite, comme la famille Le Pen chez nous. C'est du pareil au même, direction la poubelle. Maintenant, les peuples feront comme ils voudront, en France et en Amérique. Mais souvenons-nous du Brexit et de ce qu'il en coûte de confier l'avenir du pays à des irresponsables.

Enfin, François Hollande tord le nez à la gauche radicale, donneuse de leçons mais fuyant les responsabilités. Mélenchon se donne comme modèle des régimes corrompus ou/et dictatoriaux en Amérique latine. Podemos ne séduit plus en Espagne et Syriza s'est converti à la social-démocratie. Nulle part en Europe, aucun parti de la gauche radicale n'exerce des responsabilités ou ne réussit au pouvoir. Alors oui, le seul candidat de la gauche responsable, c'est François Hollande.

16 commentaires:

Erwan Blesbois a dit…

La seule chose que je reproche aux rapports humains, aujourd'hui en France, c'est d'être globalement trop agressifs, comme le déplore Michel Houellebecq. Je sais que ça n'a pas toujours été totalement comme ça, aujourd'hui la crise est vraiment lourde à porter. Dans les années 70, les rapports humains étaient plus sereins. Je sais qu'on va m'accuser de sensiblerie excessive, mais n'oublie pas d'où tu viens Emmanuel. Tu n'as pas grandi à coup d'autoritarisme et de " coups de pied au cul ", contrairement à ce que tu voudrais laisser croire, mais grâce à la bonté de certains maîtres. Bonté dont un certain Monsieur Chédin faisait la vertu cardinale, souviens-toi ! Certains plus " crus " que moi, te reprocheront d'être un enfant du " baby-boom " ingrat : il y a une part de vrai là-dedans ! Cependant il y a une chose que l'on ne peut pas te reprocher, et qui est peut-être encore plus important que la bonté, c'est la capacité à saisir l'occasion quand elle se présente. Mais ce n'est pas la peine non plus d'en faire tout un plat, encore une fois c'est le caractère et les circonstances qui expliquent et qui déterminent cette capacité à saisir le " kairos ". Rien de surnaturel, ni de spirituel, ni même d'admirable, dans tout ça. A ton tour donc de faire preuve de bonté et de sensibilité, pour payer ta dette à la société. Le monde est beaucoup plus agressif aujourd'hui, c'est un fait. Il y en a beaucoup qui s'en accommodent, car ça leur permet d'assouvir leurs pulsions mauvaises
C'est excitant, cela active certaines pulsions sexuelles archaïques, comme le spectacle des gladiateurs. Certains éprouvaient du plaisir parmi les bourreaux parait-il, de tout temps. Ce sont ces pulsions sadiques qu'il me paraît utile de soigner aujourd'hui, plutôt que de parler de révolution ou même de réforme de la société : par exemple il me semble que l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes permet à certains d'assouvir leurs pulsions mauvaises de destruction de la nature, de non-respect de l'environnement, et même de sadisme envers ceux qui pâtiront des nuisances sonores ou même seront expropriés. Ça vous excite de voir souffrir les gens ? C'est bien, cela veut dire que vous êtes adaptés.

Emmanuel Mousset a dit…

Je ne sais pas à quelle époque tu compares notre époque. Mais tu sais très bien que le monde d'autrefois et d'il n'y a pas si longtemps était beaucoup plus violent que le nôtre. C'est d'ailleurs pourquoi la moindre agressivité, y compris la plus anodine, nous insupporte : plus une nuisance est réduite, moins elle est tolérée. C'est peut-être un progrès, même si j'en doute. Chez moi, et sûrement chez toi aussi, les gens se plaignent du bruit des travaux, des tondeuses à gazon, des hélices (pourtant silencieuses) des éoliennes. C'en est presque comique. Tati en aurait fait un bon film. Bunuel aussi.

Maxime Lépine a dit…

Comment expliquez-vous que "l'empathie" soit devenue alors la valeur à la mode, au point que s' en est écoeurant? Il y a une distorsion entre vos propos et les discours de notre société (pas forcément entre votre analyse et les faits, je l'admet)...

Hollande: le meilleur candidat pour faire perdre la gauche, avec cependant un résultat remarquable. Celui d'être le Président le plus impopulaire de la Veme République.

Emmanuel Mousset a dit…

Toute pensée véritable, toute vérité ne peuvent que s'opposer à la société, quelle qu'elle soit.

La popularité va et vient. La politique nous apprend que certains retournements sont étonnants. La voie de Hollande est étroite, mais jouable. Gagnable, nous verrons bien. Au demeurant, peu importe : chacun défend ses convictions, populaires ou impopulaires.

Erwan Blesbois a dit…

Tu as sans doute raison, ce qui fait question c'est la totale faillite morale de notre époque, qui fait que les gens s'effondrent à la moindre peccadille. Cela peut fournir un espoir en l'avènement de la compassion généralisée et de la non-violence portée au rang de dogme. Il paraît que c'est lorsque les civilisations sont épuisées, lorsque les gens ressentent toute agression anodine comme une violence insupportable, que le règne de la compassion généralisée peut advenir. Le catholicisme était une religion qui punissait le fait de faire mal à autrui, dans le cadre d'une civilisation bénéficiant d'un trop plein de vitalité, alors que le bouddhisme est le signe d'une civilisation épuisée ou plus personne ne supporte pour soi-même la moindre violence, la moindre douleur et la moindre contrainte, et pour autrui idéalement la moindre punition : ce serait pour moi un progrès extraordinaire et signifierait un changement total de paradigme. Reste le problème que constitue l'esprit de conquête d'une religion comme l'islam. Franchement quand on voit l'Histoire de l'humanité occidentale, ses guerres, ses massacres, ses génocides, il n'y a pas de quoi être fier, il n'y a rien d'admirable là-dedans, rien qu'un trop plein de souffrances absurdes. Je pense qu'en peu de temps, devant l'ampleur de leurs propres massacres insensés, les musulmans aussi pourraient comprendre ça, eux aussi : l'absurdité de l'esprit de conquête et la vanité de la volonté de puissance. Quant à toi l'adepte de l'autoritarisme et du " coup de pied au cul " : pour aller vers quoi ? Le bétonnage généralisé du pays France ? Les voyages anti-écologiques à l'autre bout du monde, alors qu'il suffirait de revaloriser son propre milieu, son propre environnement ?

H a dit…

Il est apparent que notre actuel président n'est pas de gauche.
Il est vrai que la fonction l'oblige à dépasser le clivage droite-gauche pour être représentatif du plus grand nombre.
Mais ce dépassement de soi est-il dans le droit fil démocrate ?
Si tel avait été le cas, en 36, quid des avancées sociales du front populaire ?
Un président est élu sur un programme et pas sur un bilan.
Un président élu doit essayer de mener à bien le programme sur lequel il s'est appuyé poiur se faire élire.
Nombre de compatriotes ne veulent plus entendre parler des "beaux parleurs" mais "piètres faiseurs" qu'auront été N Sarkozy et F Hollande.
A qui le tour ?
F Bayrou, peut-être, s'il parvient à se faufiler entre M Le Pen et N Sarkozy à l'issue du 1er tour...
Mais attendons l'échec d'A Juppé et le programme du béarnais...
Tous les autres ? Scories de l'Histoire !

Emmanuel Mousset a dit…

Erwan, en bon nietzschéen, le bouddhisme adopté par l'occident est pour moi un signe de décadence, le refus de la féconde souffrance, une amputation de la vie. Le "coup de pied au cul" n'est pas mon genre, mais la paire de gifles, oui. Fais attention, si tu me rencontres.

H, votez Bayrou, si Bayrou vous plait. Moi, c'est Hollande.

Erwan Blesbois a dit…

" Coup de pied au cul ", " paire de gifles ", ne pinaillons pas sur les mots ou les expressions, et oui, je me range aux côtés de Houellebecq pour traiter globalement Nietzsche de " vieille pétasse ". J'ai voyagé en pays bouddhistes et je n'y ai pas vu une amputation de la vie, mais au contraire un grouillement de vie ne s’interdisant pas la jouissance au nom d'un désir jamais assouvi comme en Occident. L'Occident est la contrée du désir non assouvi, désir toujours porté à son incandescence par le système notamment publicitaire du libéralisme, sans résolution possible : un piège à cons, en gros. L'Occident est une machine à faire du fric, à attiser le désir, mais où il ne fait pas bon au fond le dépenser, c'est pour cela que ceux qui ont accumulé du fric, vont souvent le dépenser en pays bouddhiste, là où il fait bon jouir. L'Orient bouddhiste encourage le plaisir et la jouissance, au détriment du désir incandescent d'origine libérale, non assouvi : cela me paraît beaucoup plus sain. Quant à Nietzsche il demeure intéressant dans une interprétation purement artistique de la création, mais absolument pas fécond dans une interprétation politique, qui a débouché notamment sur le nazisme, comme un avatar possible du nietzschéisme politique : non merci !

Philippe a dit…

"Le "coup de pied au cul" n'est pas mon genre, mais la paire de gifles, oui. Fais attention, si tu me rencontres."
Pour pratiquer le "coup de pied au cul" il ne faut pas être de petite taille car un jour entrainé par le pied qui manque le fuyant "objectif" on se retrouve soi-même sur le cul !
Dans votre cas c'est exact seul la gile est adaptée mais ... gaffe au tympan !
Le petit martinet était sans danger ... il demeure utilisé ... par des adultes consentants !
La fabrique a trouvé d'autres débouchés ..............

Emmanuel Mousset a dit…

Erwan, je ne doute pas que tu aies joui en Orient, mais ce n'était pas dans un temple bouddhiste.

Philippe, je ne consens pas à l'objet que vous me suggérez.

T a dit…

Erwan... Philippe... Emmanuel... Les piliers des échanges qui commencent avec Nietzsche pour continuer par d'égrillards propos avant de finir potentiellement dans la gaudriole...
Ou comment galvauder ses talents.

Emmanuel Mousset a dit…

Ne soyez pas si pudibond, laissez-nous vivre notre vie en toute liberté d'expression.

Anonyme a dit…

De toute l'histoire de la Vè République on n'a jamais vu un président aussi impopulaire et imposer une "réforme" aussi impopulaire que la loi El Khomri. Cela ressemble à un suicide politique. Jamais la gauche n'a été aussi divisée et donc elle ne peut gagner parce que, quoique vous en pensiez, Mélenchon et son électorat fût-il d'extrême-gauche comme vous le prétendez, est indispensable à une hypothétique victoire du président sortant. Quelques sondages, qui ne font jamais les élections, le donnent à égalité avec celui-ci. Hollande n'a pas l'habileté politique de François Mitterrand pour se passer de cet apport de voix. Il compte comme tous les autres politiciens sur le rejet du FN et de Marine Le Pen, ses pires adversaires sont ses alliés objectifs. Vous devriez remercier ces derniers tous les jours au lieu de les honnir en permanence. Du moins si vous étiez sincères et non pas politicien comme tous les autres.

Erwan Blesbois a dit…

Les bouddhistes n'ont pas le même rapport au désir. Alors que pour les Occidentaux, et plus particulièrement les oligarques, le désir attisé est une façon de gagner de l'argent ; pour les bouddhistes le désir est une souffrance qu'il faut combattre par l'assouvissement du désir dans le plaisir. Donc les bouddhistes valorisent le plaisir et dévalorisent le désir ; alors que c'est tout le contraire en Occident : un désir inassouvi sans arrêt attisé par toutes sortes de sollicitations, et des femmes le " cul serré ", qui ne veulent pas faire plaisir, bien conditionnées par nos oligarques, de qui, eux seuls (oligarques, acteurs, people), elles consentiraient peut-être à recevoir l'hommage, comme dans aucune autre contrée dans le monde. Sauf peut-être l'islam, mais pour des raisons différentes, mais qui aboutissent à peu près au même résultat : la frigidité mentale des femmes occidentales et musulmanes (que je connais beaucoup moins).

Anonyme a dit…

Il est vrai que le monde d'aujourd'hui est moins violent du moins physiquement. La violence est plus d'ordre moral et psychologique dans la mesure où l'esprit de performance nous est imposé partout et surtout dans le monde du travail. Depuis plus de 30 ans et aussi quand la gauche gouverne le rapport de force entre Capital et Travail s'est inversé, le premier dominant le second il est bien plus difficile à un salarié de trouver facilement un emploi correctement payé. A cet égard la gauche a accompagné ce changement, cette régression, quand elle n'y a pas contribué, UE oblige. Cet alibi bien pratique d'un lâche renoncement.

Anonyme a dit…

Dès la première phrase de votre livraison vous commettez une erreur profonde : Hollande n'est qu'un candidat de gauche parmi d'autres et plus précisément d'abord celui du parti qui se dit socialiste. C'est le signe de votre aveuglement!

Le PS s'est tellement droitisé dans l'exercice du pouvoir que la droite pour se démarquer d'une gestion qu'elle ne pourrait qu'approuver si elle était sincère, doit se droitiser encore plus qu'elle ne le voudrait pour marquer sa différence. Au fond tout cela n'est que jeu politicien pour camoufler des accords profonds en effet la gauche et la droite ont entériné la même Union européenne ce qui donc implique une même politique dont la loi travail est un exemple. Une UE à laquelle votre amie Madame Merkel et son ministre des finances imposent leur politique bien conforme aux intérêts bien compris de l'Allemagne, ce dont on ne peut leur faire grief, avec l'accord de certains, la servitude volontaire de ses "partenaires".