samedi 19 novembre 2016

St-Quentin marche bien



Deuxième réunion, hier soir, du comité local d' En Marche ! mais la première depuis sa déclaration de candidature, dont nous avons finalement assez peu parlé, tant elle était prévisible et quasiment naturelle. Le groupe se met progressivement en place, s'ouvre à de nouveaux adhérents. C'est encore un peu anarchique, improvisé, imparfait, à l'image de ce jeune mouvement sans culture d'appareil, sans présence prépondérante d'élus. Personne n'est là pour nous dire comment il faut penser, à quel courant ou à quel clan il faut s'affilier. Cette liberté fait du bien. Le seul vecteur commun, c'est l'enthousiasme et l'espoir qu'insuffle Emmanuel Macron. Après, chacun pense comme il veut.

Comme il n'y a pas de modèle préétabli, comme le fonctionnement s'opère de bas en haut, à la différence d'un parti politique classique, chaque comité invente ses propres pratiques, agit selon les besoins de ses adhérents. Néanmoins, la direction nationale nous procure des outils. Hier, nous avons commencé à travailler sur les ateliers de restitution du diagnostic : un questionnaire, à partir duquel chacun exprime son opinion, en vue de parvenir à un accord entre tous les membres, après discussion. Le consensus ou le compromis ne sont-ils pas à la base de la politique et de la démocratie ? Au niveau national, c'est aussi ce qu'Emmanuel Macron appelle la recherche de majorités d'idées.

Nous avons ainsi réfléchi à la sécurité dans notre société. L'arsenal législatif doit-il encore être adapté pour faire face à la menace terroriste ? Notre réponse a été négative. Entre prévention, répression et rétention, quelle doit être la priorité des politiques publiques ? Notre préférence est allée à la prévention. Enfin, comment peut se mettre en place la "société de vigilance", contre l'insécurité au quotidien ? Nous avons avancé trois propositions : l'éducation à une citoyenneté pratique, la mobilisation de la population à travers des exercices de protection, la mise en place de cérémonies civiques.

Ce résumé trop succinct ne rend pas compte de la richesse de nos échanges, de nos argumentations, de nos divergences aussi, de l'état d'esprit qui préside au débat. Il n'a pour objectif que de vous donner envie de venir voir, de nous rejoindre à votre tour et d'apporter votre contribution. Bien sûr, les tâches militantes plus traditionnelles ne sont pas exclues, comme une présence sur les marchés pour faire connaître En Marche ! et son comité local, afin d'élargir notre audience. Vous pouvez vous associer dès maintenant, en passant par le site internet du mouvement, adhérer et rejoindre le comité de Saint-Quentin.

12 commentaires:

Anonyme a dit…

"Après, chacun pense comme il veut" en attendant que le patron impose la ligne politique. Il n'y a rien de neuf dans ce que vous dites, i y a toujours un certain désordre quand un parti se crée, en attendant que l'organisation se mette en place. Après il faudra rentrer dans le rang ou partir, se soumettre ou se démettre.

Emmanuel Mousset a dit…

Certes, En Marche ! sera confronté aux réalités du pouvoir et aux ambitions personnelles. Son plus grand danger, c'est la nature humaine ! Mais tel que le mouvement se constitue actuellement, ce n'est pas un nouvel "appareil politique" qui se met en place. Je suis donc plus optimiste que vous. Et puis, il vaut mieux espérer que désespérer !

Maxime Lépine a dit…

Des cérémonies civiques? Pour nous remettre une couche de cet écoeurant culte de la République? En voilà une drôle d'idée...

Anonyme a dit…

Ce dimanche , vous votez pour qui ???

Erwan Blesbois a dit…

"Son plus grand danger au mouvement de mondialisation, c'est la nature humaine", vaste programme... où l'on découvre finalement que la nature humaine n'était pas si bonne que ça, on peut effectivement émettre de sérieux doutes sur la bonté naturelle du genre humain. Il est inscrit dans le code génétique de l'Homme, qu'il est programmé pour tuer, et cela fait partie de son économie psychique. Quand ce crime se faisait par la voie symbolique, par le biais du sacrifice de Jésus Christ pour les chrétiens, on peut dire que la religion aidait l'homme spirituellement et moralement, dans son économie psychique de criminel potentiel, programmé génétiquement par la nature pour tuer. Criminel potentiel donc, domestiqué par la religion, mais programmé génétiquement par la nature pour être un prédateur, c'est-à-dire un tueur. Quand il y avait suffisamment d'animaux, et que l'homme vivait de cueillette et de chasse, il n'avait pas besoin de se retourner contre son semblable, et ce dernier pouvait être un partenaire dans la traque du gibier.
Avec le progrès et l'évolution de la société primitive vers une société évoluée, l'homme s'est sédentarisé et dénomadisé (il est à noter qu'aujourd'hui, la mondialisation invite à un mouvement inverse de désédentarisation et de renomadisation). Des sociétés humaines se sont constituées, des villes sont apparues, différentes les unes des autres, des civilisations différentes ont émergé, et les civilisations se sont faites la guerre entre elles, l'humain épanchant ainsi son instinct de prédateur inscrit génétiquement dans son ADN.
Mais la civilisation avec sa religion et sa culture propres, a réussi à domestiquer l'Homme, et en société elle l'a rendu plutôt pacifique, mais seulement au sein de sa civilisation, dans son cosmos comme disaient les Grecs. Il y avait cependant toujours des guerres entre les civilisations, où l'homme pouvait épancher sa soif de tuer. Pendant ce temps là, la femme le plus souvent ne participait pas à la guerre, sauf le cas particulier des Amazones (dont on pourrait faire de Marine Le Pen, une figure réactualisée d'un tel type), et certainement bien d'autres cas (car les femmes en réalité ne sont pas si pacifiques que ça, et sont un peu comme les lionnes, bien plus virulentes encore que les lions, quand on les réveille de leur passivité feinte), mais son instinct de reproduction poussait les plus désirables d'entres elles, vers les hommes les plus forts et les plus virils ; les guerriers. Et c'est toujours le cas aujourd'hui, et même encore plus le cas aujourd'hui, et je vais expliquer plus tard, pourquoi avec la barbarisation de la société moderne, les femmes sont attirées par les types humains les plus sauvages et violents... non, je le dis tout de suite : par besoin d'être rassurées...

Erwan Blesbois a dit…

...Puis est venue la civilisation actuelle, avec en son sein le déclin de la religion et de la culture, une des conséquences du relativisme des sciences, alors on a vu apparaître au sein même d'une civilisation, la nôtre, des comportements inédits de barbarie. L'instinct prédateur de l'homme qui avait été refoulé par la religion et la culture resurgissait de façon virulente. Le relativisme des sciences aboutissait finalement à un réensauvagement de l'homme au sein même d'une civilisation. C'est pour cela que je prône de façon non réaliste, j'en ai conscience et c'est toute la faiblesse de ma démarche (mais je garde un faible espoir enfoui, de prise de conscience collective), pour la France, un retour à ses racines catholique, afin localement de reciviliser la société, où se multiplient, partout, dans tout l'espace public, les actes d'incivilité, et c'est un moindre mal... quand ce ne sont pas des actes bien plus graves de délinquance, d'émeutes urbaines, et le point culminant arrive quand ce sont des Français radicalisés qui commettent des attentats sanglants contre leur propres compatriotes, au nom d'une religion vivante qui s'oppose aux valeurs relativistes issues des sciences, de la masse des Français déculturés et déreligiosisés, que l'on pourrait qualifier de "catholiques zombies". Mais scientifisés, c'est-à-dire non plus sublimant leur nature par la culture et la religion, mais exploitant le côté prédateur de leur nature, vers une volonté d'exploitation et de manipulation de son prochain, par le calcul.... au sein même d'une civilisation. Mettant fin à des siècles d'hypocrisie religieuse, qui avait quand même pour vertu de pacifier les hommes. Alors qu'avant, au temps des grandes religions, l'exploitation et la manipulation se faisaient contre d'autres civilisations, et qu'au sein même d'une société, une paix civile relative régnait, et permettait que les hommes ne se dévorent pas entre eux, comme des serpents. C'est pour cela que je dis qu'en société occidentale avancée nous sommes tous de petits manipulateurs, de petits serpents, qui nous soumettons tous à la tentation, et soumettons les autres que nous tentons souvent pour les détruire, quand ils ont succombé à la promesse d'amour que recelait cette tentation. Et ce n'est pas la peine de se plaindre que le pouvoir le soit aussi, manipulateur et abusif, car le pouvoir est à notre image, et c'est du particulier que constitue un homme, que l'on peut expliquer le plus général, que constitue une société. Et l'on peut tout à fait trouver la raison des attentats sanglants (sans tomber sous le coup de la loi pour apologie de crime terroriste), par le fait que ceux qui les commettent sont en conflit d'intérêt avec nos valeurs occidentales de manipulation, induites par la prédominance du calcul dans la pratique scientifique. Les Français radicalisés dans l'islam, sont porteurs de valeurs issues d'une religion vivante, donc non soumise au relativisme de la science, et à son esprit d'analyse et de critique. Autrement dit ils prennent un message écrit il y a un peu moins de 1400 ans, au pied de la lettre... alors qu'il fut écrit dans un contexte particulier, conforme à l'histoire qui prévalait en ce temps là, dans un endroit donné, qui leur commande de tuer, ici et maintenant. Et cela, mais ils n'en ont pas conscience, en accord avec la nature humaine universelle programmée génétiquement par l'ADN pour tuer, et ils le font de manière d'autant plus virulente, qu'ils se sentent agressés par nos valeurs qui ne sont pas si pacifiques qu'elles en ont l'air.

Erwan Blesbois a dit…

Ce que je propose comme mode de rétablissement de la religion catholique en France, c'est une reviviscence de ses rites et coutumes, particulièrement importants pour l'éducation des enfants. Cela demanderait une prise de conscience collective, et la contractualisation d'un "faire comme si", faire comme si dieu existait effectivement, aux yeux des enfants surtout. Un "faire comme si", comme un pari finalement, le pari de Blaise Pascal. Au pire, il n'existe pas, et c'est bien la conviction de l'immense majorité des Français, et alors il n'y a rien à perdre, mais de toute façon tout à gagner, pour le modèle de société pacifiée que la religion catholique peut apporter. Notamment pour élever les enfants spirituellement, et éviter que plus tard ils ne se dévorent entre eux, dominés alors par des valeurs de calcul, d'exploitation de son prochain et de manipulation : nous sommes en plein dedans. Et c'est peut-être pour cela que Malraux avait dit : "le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas", fallait-il entendre spirituel ?
Je n'envisage même plus l'hypothèse où dieu existerait. En fait il faudrait enlever cette option du pari, afin que ne se reproduisent pas les guerres de religion, et tous les crimes commis au nom de dieu. Le seul salut à attendre d'une telle réactivation du pari, c'est la spiritualisation ici et maintenant du comportement humain, afin de l'encourager à la civilité, et au respect de son prochain, hors toute considération de calcul, et sans en attendre une quelconque récompense éventuelle dans l'au-delà.
Nous autres modernes savons désormais par Nietzsche que "dieu est mort", la croyance en l'existence de dieu ne sera plus jamais réactivée, mais il y a urgence à réanimer les rites et coutumes d'une belle religion, juste pour la beauté de la chose. En opposition à l'utilitarisme laid du monde moderne. En gros pour réactiver ce qu'il peut y avoir d'artiste chez l'homme à tous les niveaux, et non seulement confiné à l'entre-soi bobo.
Emmanuel est un adepte des cérémonies civiques, et du culte de la République, je suis un adepte des cérémonies religieuses, et du culte du beau.

Emmanuel Mousset a dit…

1- Maxime, les cérémonies civiques sont très appréciées des républicains. Evidemment, si on ne l'est pas ...

2- Ce dimanche, je vote Macron, ce qui me donne le grand avantage de pouvoir rester chez moi.

Emmanuel Mousset a dit…

A Erwan :

1- Pascal ne s'adresse pas à des enfants, mais à des grands seigneurs, libertins et joueurs. Son pari, c'est un piège. Il les prend à leur propre piège : le hasard, l'incertitude. Mais Pascal, lui, n'a pas besoin de ça pour croire.

2- Ta "spiritualisation du comportement humain" est foireuse, ta religion est faite de plâtre et de carton. C'est simplement de morale dont tu parles, dont tu as besoin. Une religion catholique sans Dieu, c'est n'importe quoi. Autant revenir aux bonnes vieilles cérémonies républicaines.

3- Tu as raison de rejeter la vérité religieuse. Tu es trop contemporain pour assumer sa violence, sa grandeur, ses risques.




C a dit…

"les cérémonies civiques sont très appréciées des républicains"
Le tout serait d'abord de s'entendre sur ce qu'on entend par le mot "cérémonie".
Et par l'association "cérémonie civique".
Un vote, c'est cérémonieux, ça suit des rites précis.
Une passation de pouvoir entre un président et son successeur aussi.
Si c'est de ce genre de cérémonie qu'il s'agit dans vos propos, vous n'inventez rien.
Ou vous proposerez d'autres rites peut-être...
S'il s'agit d'autres choses, précisez SVP.

Erwan Blesbois a dit…

Je suis le fruit de mon époque, je suis existentiellement un manipulateur, et je ne suis pas un croyant. Ce que tu évoques, l'hypothèse d'une vraie conversion religieuse me tente, mais en ai-je les moyens spirituels ? Là j'en doute. En tout cas je fais tous les efforts possibles pour m'en rapprocher, par mes relations, mes affinités électives récentes. Et pour tes réponses, je savais à peu près que tu me répondrais ça, mais la nature humaine est perfectible, donc je ne désespère pas de moi-même. Ce que tu préconises pour chacun au fond, c'est d'habiter sa propre maison spirituelle, afin d'être en accord avec soi-même, c'est ainsi que j'interprète ton intervention, encore que la notion d'accord avec soi-même doit te déplaire, car elle recèle implicitement une notion de passivité, que tu abhorres. J'ai juste pris le risque de sortir d'une maison qui avait été bâtie pour moi de façon incohérente, une maison "bobo" faite de bric et de broc, plutôt une ruine en réalité. Désormais je me retrouve un peu le "cul à l'air", sans toit spirituel. Suis-je coupable pour autant, et ne mérite-je pas le pardon ?
Tu t'échines contre la morale, et tu défends la spiritualité, mais tu n'as pas conscience que pour parvenir à la spiritualité, il faut qu'il y ai eu au préalable une forme de morale. Tu es un privilégié une fois de plus et tu ne fais que défendre les intérêts des privilégiés, dont par privilège de naissance (le hasard) tu partages l'état d'esprit...
Et en quoi les grands seigneurs, les libertins et les joueurs seraient-ils plus importants que les enfants ? Parce que ce sont les gens que tu admires au fond, dont faisait partie Chédin, qui lui-même se définissait comme un jouisseur ; c'est-à-dire la caste des gens qui ont fait mai 68. Fait inédit dans l'histoire de l'humanité, une génération s'est construite en exploitant et manipulant celle de leurs enfants en fait, selon le schéma du serpent "je te séduis, tu m'aimes, je te détruis".
Effectivement voilà la vérité : la génération des baby boomers, a en réalité détruit spirituellement celle des bobos, qui en réalité n'a strictement rien créé spirituellement, se contentant d'une pâle copie caricaturale, de ce que créèrent leurs parents, gâtés par les circonstances historiques. Mai 68 sera jugé par le tribunal de l'histoire pour ça, et les soixante-huitards certainement échapperont au jugement car ils seront morts. Mais je ne désespère pas qu'à terme, la vérité et la justice triomphent pour rendre aux enfants, la partie la plus importante de l'humanité, la possibilité d'un monde rendu viable moralement, afin de garantir l'avenir d'une spiritualité.
N'oublie pas que je suis un obscur petit instit et toi un prestigieux prof de philo, il y a effectivement désormais une différence de classe entre nous deux.
J'oppose la conscience à la spiritualité dont Emmanuel Mousset se réclame, et je lui préfère la conscience, telle que définie par Jean-Jacques Rousseau.

Emmanuel Mousset a dit…

Ne fais pas ta victime, ne me maudis pas en me reléguant dans une fausse élite. Je sais que tout ça est bien porté aujourd'hui, mais pas chez moi.