samedi 12 novembre 2016

C'est quoi, son programme ?



Macron, il est bien, il est sympa, il est intelligent. Mais quel est son programme ? Nombreux sont les partisans du prochain candidat à la présidentielle (mais oui !) à avoir entendu cette remarque, qui signifie une réserve, une réticence et même une critique, pourtant injuste : Emmanuel Macron, à plusieurs reprises, a exposé ses analyses et ses propositions en matière d'économie, de laïcité ou de sujets de société. Seulement, son projet n'est pas totalement finalisé, puisqu'il a décidé de consulter les Français avant.

Depuis jeudi et la parution de L'Obs (en vignette), plus personne ne pourra dire : Macron, c'est quoi son programme ? Sauf ceux, bien sûr, qui feindront malgré tout de ne toujours pas le connaître, afin de n'avoir pas à en débattre : c'est tellement plus facile d'ignorer que de discuter ! Mais les faits sont là, dans le magazine : c'est la première fois, et pas la dernière, puisqu'il développera ultérieurement d'autres volets, qu'Emmanuel Macron est aussi précis et complet.

Je vous renvoie à cette lecture, dont je retiens d'abord qu'elle inscrit le ministre dans une démarche authentiquement de gauche, en réponse aux doutes et incertitudes de certains. Il y a des marqueurs qui ne trompent pas : les emplois aidés, le collège unique, une bonne partie de la droite est contre, Macron est pour. La dégressivité des allocations de chômage, le contrat unique de travail, le retour aux 39 heures, la critique de l'"assistanat" sont portés par une bonne partie de la droite, Macron est contre. Il va même jusqu'à proposer une nationalisation, certes singulière, celle de l'Unedic ! Et puis, il estime que l'école primaire, chère au cœur des socialistes, doit avoir la priorité.

Macron s'inscrit donc bien dans une perspective de gauche très classique. En même temps, il y a des points de rupture : c'est ce qu'on appelle son fameux libéralisme, qui n'a cependant rien à voir avec le capitalisme sauvage, qui s'accorde au contraire avec la conquête de nouveaux droits sociaux (ce qui définit, là encore, ce qu'on appelle le socialisme). Macron propose que la protection sociale que garantit l'Unedic soit élargie aux autoentrepreneurs et aux salariés démissionnaires. Il suggère de moduler le temps de travail selon l'âge, jusqu'à le réduire à 30 heures pour les plus de 55 ans.

Même logique d'assouplissement et d'individualisation pour le départ en retraite : de 60 à 67 ans selon les situations. J'adhère complètement, et mon cas personnel est un exemple : prof de philo dans un établissement que j'aime beaucoup, je n'aurais aucune difficulté à quitter le métier à 67 ans (d'autant que j'y suis entré tardivement, à 34 ans). Mais sans doute pas avec les mêmes horaires et la même charge de travail ...

Sur les questions d'éducation, Emmanuel Macron poursuit sa logique : enseignants mieux payés là où il est plus difficile d'enseigner, autonomie des établissements pour s'adapter aux besoins et au terrain. Comment ne pas y être favorable, à partir du moment où il ne s'agit pas d'une privatisation de l'école (évidemment inconcevable), à partir du moment où Macron préserve un programme défini nationalement.

Nous attendons avec impatience les prochaines mesures du projet Macron, notamment en matière de politique étrangère. Nous attendons surtout sa déclaration de candidature à l'élection présidentielle, pour que de nouvelles opportunités soient données à la France, pour que la gauche épouse enfin son temps, pour que les progressistes se rassemblent, au-delà des clivages anciens et des partis traditionnels. Macron, c'est ça son programme !

15 commentaires:

Gilles ROUSIERES a dit…

Merci Monsieur !

Erwan Blesbois a dit…

Encore une fois répétons le, ressassons le sous toutes ses formes et toutes ses variantes possibles : pour prendre le cas d'Emmanuel Mousset, c'est un être de spiritualité... mais qui glorifie malgré lui des valeurs de cynisme propres au néolibéralisme, il est le chantre de l'ultra libéralisme porté par Macron, et ainsi il fait le jeu du FN, quand il prétend le combattre, et en est en définitive "l'idiot utile"... Il ne veut pas changer le monde, il veut seulement le réformer, c'est certainement là toute la limite de sa pensée, car effectivement il y a urgence à changer le monde : ce que la génération des "baby boomers" avaient su faire en son temps, et encore une fois je le martèle, même si lui le nie de toutes ses forces, Emmanuel est typologiquement un "baby boomer". C'est aussi la limite de sa pensée, qui l'empêchera certainement d'accéder à son ambition ultime... avoir une reconnaissance à titre posthume. Eh bien moi je dis que si Emmanuel Mousset ne fait pas l'effort de radicaliser sa pensée, et de dénoncer les fléaux de notre temps, et de faire l'effort de sortir de sa caste de "baby boomer", non seulement sa pensée ne parviendra pas à la postérité, mais pire encore... sa pensée est inutile.
Ceci dit je ne nie pas qu'il s'agit de quelqu'un qui fonctionne impeccablement, ce qui lui permet de remplir sa fonction d'enseignant avec efficacité. Mais son utilité s'arrête là, à son utilité sociale qui consiste à faire penser les gens, et ça je reconnais qu'il y arrive bien, il est un éveilleur de conscience... et aussi à sa capacité d'avoir monté un blog qui intéresse les gens et qui fait réagir. Ça c'est intéressant ! Mais les opinions politiques d'Emmanuel Mousset sont absolument dérisoires, et se contentent de rester paresseusement à la surface du réel, sans chercher à remettre en question ce réel... sans chercher à savoir si ce réel aurait pu être meilleur... non pour Emmanuel, il ne pourrait qu'être pire si l'on ne vote pas Emmanuel Macron ! Oui il faudrait une réforme, mais ce n'est pas à celle qu'Emmanuel pense... il faudrait une réforme de sa façon d'appréhender le monde... Mais là je demande l'impossible !

Philippe a dit…

Le programme de Macron aurait pu être entendu ... il y a .... vingt ans.
Trop tard le balancier repart ailleurs.
Cet ailleurs je ne le connais évidemment pas car il sera ce qu’en fera la troïka : Donald Trump, Thérésa May, Wladimir Poutine (l’Église Orthodoxe).
Comme à une autre époque celle qui était constituée par Ronald Reagan, Margaret Thatcher, Jean Paul II (L’Église Catholique).
Dans les deux cas les dirigeants de l’Europe Continentale furent et ne seront que des suiveurs impuissants.
Pour la petite histoire dans le bureau de Reagan il y avait la photo de Jean Paul II mon ami disait-il !
Dans celui de Poutine la photo du patriarche Kirill ???

Emmanuel Mousset a dit…

La religion n'a rien à voir là-dedans.

Philippe a dit…

"La religion n'a rien à voir là-dedans."
Bien plus que ce que l'on dit et a dit dans les médias superficiels, superficialité dont ils font chaque jour la démonstration ............
Il n'y a évidemment pas que l'Islam qui a un versant politique, le Catholicisme et l'Orthodoxie aussi ...

Anonyme a dit…

Euh... vous faites une différence entre le prof de philo en lycée général face à des terminales et le prof de collège en rep ou rep + (par rapport à l'age de départ à la retraite) ???

Emmanuel Mousset a dit…

Oui, une énorme différence.

Erwan Blesbois a dit…

"Il n'y a évidemment pas que l'Islam qui a un versant politique, le Catholicisme et l'Orthodoxie aussi". Étayez vos affirmations Philippe, éclairez nos lanternes... Je ne vous suis pas car le catholicisme me paraît totalement castré, désarmé et rendu totalement inoffensif par plus de 200 ans de régime républicain, et plus de 100 ans de séparation de l'église et de l'Etat. Je ne vois pas comment le catholicisme pourrait retrouver sa grandeur en France ? Si une religion doit s'affirmer en France, ce sera plus certainement comme l'envisage Houellebecq, l'islam, selon moi.

web123 a dit…

Le problème de la "gauche de gouvernement", et Emmanuel Macron le rend criant, est qu'elle n'est pas efficace dans ses missions/objectifs car elle est coincé par ses "dogmes". Ce n'est pas sans raison que les plus faibles se détournent de la gauche pour, malheureusement, se tourner vers le FN, et c'est ainsi depuis des années, ça ne vient pas que d'un refus de l'immigration.
Normalement une gauche s'occupe des plus exclus, ce n'est plus ce que fait le PS depuis longtemps. Le PS le fait avec des aides qui donnent bonne conscience, mais qui ne règlent pas le problème.
Ce que j'aime chez Macron, c'est qu'il identifie bien les problèmes et il n'a pas peur de présenter des solutions même si ça froisse la gauche coincée par ses "dogmes", sa classique rhétorique, voire son esprit étriqué.

Macron est fondamentalement de gauche, mais il ne le prouve pas en excluant la droite, il ne se positionne pas par opposition à la droite qu'il n'en fait pas un ennemi, il se position à gauche par les valeurs.

Erwan Blesbois a dit…

web123 vous êtes providentiel, vous devez bien être un des derniers à soutenir Emmanuel M., dans son dogme néolibéral, soi-disant "réformiste et conscient de problèmes", quand il s'agit de Macron. Enfin l'ennemi à abattre pour nos néolibéraux qu'ils soient de droite ou de gauche, en tendant ou non la main "aux plus fragiles", c'est bien "in fine"... la classe moyenne honnie. Je crois sincèrement web123 et Emmanuel que vous n'en avez rien à foutre des très pauvres en fait, et je n'arrive pas à comprendre les motivations profondes de votre engagement : si vous représentez les intérêts de l'oligarchie, sachez que sa démarche est de monter les pauvres contre les classes moyennes, c'est une stratégie très consciente d'elle-même et menée depuis plus de 40 ans de façon très systématique. Enfin si... pour Emmanuel j'ai une hypothèse très crédible, mais cela nous entraînerait sur le terrain de la psychologie qui est bannie ici... Allez si je vais le dire : Emmanuel fait existentiellement partie de cette classe des pauvres, ce lumpenprolétariat que l'oligarchie a choisi de monter contre la classe moyenne. Ainsi aujourd'hui il reste fidèle à la classe dominante qui lui a tout donné et qui l'a conditionné à détruire "in fine" la classe moyenne, pour défendre ses intérêts de classe dominante.

Emmanuel Mousset a dit…

Erwan, tu es un piètre politique, un philosophe inachevé mais tu ferais un formidable romancier, tant ton imagination est grande.

Philippe a dit…

Erwan Jean Paul II a été l’un des fer de lance qui a fait s’effondrer l’Empire Soviétique.
La Pologne en a été le laboratoire initial avec Solidarnosc et l’Empire communiste vermoulu s’affaissa sur lui-même.
Concernant l’Orthodoxie renseignez-vous sur les penseurs de l’Eurasisme et sur leur influence non négligeable sur le Kremlin.
Vous êtes trop centré sur la France protectorat de l’Empire Américain. Hélas pour notre vanité nous ne sommes plus la France d’avant 1914. Ce qui se passe en politique française est sans importance sur ce qui se passe dorénavant dans le monde.
Même notre extrême droite n’est pas au niveau d’un Nigel Farage qui a le courage politique de se montrer en compagnie de Trump après avoir participé à certains de ses meetings dès celui du 24 août. Son alliée Thérésa May pour le Brexit … va en recueillir les fruits politiques.
Tout un symbole cette photo (suivre le lien ci-dessous) … notre Président a eu 10 minutes de tel sans doute à sa demande express et MLP à que dalle. Coluche ironisait déjà sur la politique française en regardant le spectacle de la grenouille Mitterrand qui se la jouait.
https://francais.rt.com/international/28904-nigel-farage-rencontre-donald-trump-new-york

Erwan Blesbois a dit…

Pourquoi enfermer les gens dans des catégories, Emmanuel... non le langage quand il est capable de s'exprimer avec force, doit tout embrasser, politique, philosophie, littérature, à la façon d'un Diderot, encore bien plus que d'un Rousseau.

Erwan Blesbois a dit…


C'est vrai Philippe, hormis l'Europe atlantiste idéologiquement depuis 1945, et les Etats-Unis je ne connais pas grand chose... C'est à cette jeunesse là, des années 60, paradigme du monde où nous vivons, existentiellement, mes camarades et moi, à laquelle je fais constamment référence lorsque je parle de la génération du "baby boom", par rapport à laquelle je m'inscris en faux ; alors que la plupart de mes camarades font le choix de s'inscrire dans la continuité des valeurs de leurs parents, sans réaliser qu'il en sont les "idiots utiles", et que ces valeurs non seulement desservent leurs intérêts, mais probablement encore plus celui de leurs enfants. Dans quel monde allons nous vivre si nous continuons dans le déni de la volonté populaire, et la course folle au profit pour les rares élus de la mondialisation ? Par ailleurs, je le reconnais humblement, je n'ai pas votre culture politique, je l'avoue... j'ai quelques notions philosophiques et en littérature que l'idéologie de l'apprentissage scolaire de mon époque, c'est-à-dire l'idéologie de la chasses aux "petits-bourgeois", et qui visiblement est encore bien pire aujourd'hui, avec la destruction délibérée de l'apprentissage de la culture en France, c'est-à-dire de ce qui fait lien entre les Français, pour permettre entre autre de faire une place aux nouveaux arrivés, les migrants, naguère immigrés, aujourd'hui réfugiés, mais pas seulement... qui d'emblée ne partagent pas notre culture, et pis encore dont on demande aux Français de longue date d'abandonner leur héritage pour s'adapter à eux... j'ai quelques notions philosophiques et en littérature donc, que idéologie de la chasse aux "petits bourgeois" a bien voulu m'octroyer, mais c'est dérisoire je le concède. Vous avez la chance intellectuelle Philippe d'avoir échappé à ce désastre pédagogique de par votre génération, et je me demande comment vous pouvez arriver encore à communiquer avec la jeunesse de notre époque, délibérément décérébré par l'oligarchie, et fière de l'être pour ce qui la concerne. Personnellement je suis en train de ma fâcher avec mes anciens amis, devant l'indigence de leur réflexion sur l'état du monde, je veux dire notre "petit" monde sous protectorat américain. Je sais que cela peut sembler monomaniaque chez moi, cette fixation sur la génération du "baby boom" et mai 68, ou encore tous les mouvements de la jeunesse de cette époque aux Etats-Unis, et dans leur protectorat européen. C'est une vraie monomanie chez moi, contrairement à Emmanuel Mousset qui feint seulement (je le pense au fond), d'avoir une monomanie vis-à-vis de Macron. Emmanuel Mousset joue un rôle, avec une fausse idole, qui lui sert de masque, mais dans quel but ? Je ne le sais pas encore... Enfin si j'ai ma petite idée, je pense qu'Emmanuel utilise Macron pour identifier ses adversaires, et pour tel Zorro (son modèle existentiel au fond), mieux les confondre quand le temps sera venu, vous et surtout moi, Philippe servons d'"idiots utiles" de cette chasse, d'excitants de la fureur populaire. ; qu'il s'agira de calmer et de remettre dans les bons rails de la servitude volontaire, quand le temps sera venu.

Philippe a dit…

Erwan
Un peu d'humilité et de pragmatisme suffisent pour lire les événements ... point besoin de "c'est d'en l'air" et de ses pseudo experts ou pire des bobos de "28 minutes" se pâmant devant leur présentatrice chérie ! Encore moins d'une culture particulière hors celle que peut avoir un « petit blanc » observateur de son environnement …
Nos dirigeants politiques européens obéiront pour le meilleur ou le pire à ceux de l'Empire militaro-industriel Nord Américain comme naguère Mitterrand a obéi au cow-boy Ronald Reagan.
Notre dirigeant Hollande a eu droit à huit minutes de téléphone avec le Maître ... Nigel Farage a passé des heures avec lui …
Que nous élisions en mai 2017 Marine, Alain, jules ou Marius il ou elle obéira !
Si Trump s'allie avec Poutine sur le dos de l'Homme Malade du Monde, l'Europe Occidentale, comme l'ont fait en leur temps Roosevelt et Staline ils ne seront pas au garde à vous mais ils ramperont …
Amen