Faire de la politique, c'est pour la plupart suivre quelqu'un, et pour quelques-uns, c'est d'être suivis par les autres. C'est pourquoi il est important de savoir
qui suit qui : c'est une façon d'anticiper l'avenir, de prévoir les futures alliances et de deviner les choix qui seront faits. Au parti socialiste, dans le cadre du congrès, il y a d'abord eu le temps des
contributions, signifiant mais pas complètement, puisque chacun avait la liberté de signer plusieurs textes, ce qui rend aléatoires les conclusions. Maintenant, nous sommes entrés dans la phase des
motions, où chaque adhérent ne peut faire qu'un seul choix : c'est là où l'on sait, avec certitude,
qui suit qui, qui est avec qui.
La motion majoritaire, Ayrault-Aubry, ne publie que les signatures des grands élus, ce qui rend difficile une analyse précise des rapports de force sur le terrain, en l'occurrence dans l'Aisne, même si une petite idée s'en dégage, puisque les élus, dans un parti d'élus, ont une influence majeure et attirent dans leur sillage de nombreux adhérents. En Picardie, Claude Gewerc, Yves Daudigny, Jean-Jacques Thomas, Jean-Louis Bricout rallient cette motion, sans surprise. En revanche, plus surprenant est de retrouver la signature de Philippe Casier, secrétaire de la section d'Amiens, qui représente l'aile gauche. Mais c'est le fait politique de ce congrès, dont je me félicite : le sens des responsabilités d'une partie de l'aile gauche qui joue le rassemblement contre la division. Benoît Hamon et Liêm Hoang-Ngoc, économiste de l'aile gauche, ont montré l'exemple.
La motion de l'aile gauche a cette particularité de faire figurer tous les signataires, élus ou pas, ce qui a l'avantage, pour la section de Saint-Quentin, de mesurer assez exactement son influence : 17 adhérents ont donné leur nom. On retrouve évidemment en tête Anne Ferreira, suivi des élus municipaux Jean-Pierre Lançon et Carole Berlemont, mais pas Céline Sené. Dans le département, les poperénistes historiques suivent Maurel, Lienemann et Filoche, les trois têtes nationalement connues de cette motion : Philippe Crinon à Vervins, Bernadette Bourdat à Château-Thierry, Georges Bouaziz et Patricia Caron à Villers-Cotterêts (le maire Jean-Claude Prusky en est aussi), Alain Moreau à Soissons. Coralie Deshaie, la nouvelle conseillère régionale, se reconnaît aussi dans l'aile gauche, ainsi que le vice-président du conseil régional de Picardie Alain Reuter. Côté conseil général de l'Aisne, on note la présence, déjà ancienne, de Pierre-Marie Lebée.
Pas de grosses surprises, quelques-unes tout de même : l'absence de la poperéniste historique Sylviane Gatteau et du chef de file du PS à Chauny, Mario Lirussi, pourtant de sensibilité aile gauche, le ralliement de Fawaz Karimet (peut-être provoqué par son désenchantement au second tour des dernières législatives). Claire Le Flécher, qui au dernier congrès aurait pu devenir première secrétaire fédérale au nom de l'aile gauche, n'apparaît pas, ayant probablement choisi de suivre Benoît Hamon. Une petite erreur, me semble-t-il, sauf hasard d'une homonymie : Sylvain Logerot figure parmi les signataires de la motion de l'aile gauche, alors que son nom est mentionné dans une autre motion, celle de Gaëtan Gorce, dans laquelle son nom est d'ailleurs, autre erreur, répété deux fois. Mais à force d'étaler des listes serrées de noms sur plusieurs pages, on finit par se tromper ! Plusieurs camarades de Château-Thierry ont choisi de soutenir cette motion "rénovatrice", mais pas "aile gauche".
En conclusion, ce congrès va déboucher sur des résultats très prévisibles, sauf énorme surprise peu probable. Dans l'Aisne, Arnaud Battefort, pour la motion majoritaire, devrait battre Anne Ferreira, pour la motion aile gauche. A Saint-Quentin, cette même aile gauche, qui est devenue majoritaire dans les conditions que nous savons, à l'occasion du désordre des dernières municipales, devrait rester majoritaire. Une raison pour ne pas me présenter ? Non, au contraire : la politique, c'est comme le sport, l'essentiel c'est de participer, sachant que la vraie victoire, celle qui fait honneur, ce n'est pas contre ses propres camarades qu'on la remporte, mais contre la droite. Qui m'aime me suive ...