samedi 7 janvier 2017

Emporté par la foule



Les vœux de la Municipalité : bon, je crois que je l'écris chaque année, c'est l'événement à ne pas manquer. Pourtant, c'est à chaque fois la même chose. Mais il y a aussi un goût particulier. Madame le maire avait choisi de mettre la fameuse petite robe noire, qui plait tant aux femmes dans les soirées. Elle aurait pu chanter, pendant son discours, comme Edith Piaf, la vie en rose, non je ne regrette rien ou l'hymne à l'amour (de Saint-Quentin).

Frédérique Macarez était bien entourée : à sa gauche Freddy Grzeziczak, à sa droite Thomas Dudebout, qui étaient si près d'elle qu'on aurait dit des gardes du corps. Ils sont tous les deux grands, fringués, ils ont l'allure. Sur les écrans de retransmission, ils bordaient parfaitement l'image, on les voyait très bien, comme si c'était fait exprès, calculé. Auraient-ils des idées en tête pour l'avenir ? "Plus près de toi, mon Dieu", chantait un ancien cantique catholique ... Le pouvoir, c'est aussi une question de millimètres.

A l'inverse, deux autres, et non des moindres, avaient choisi d'être hors-cadre, aux bouts de la scène, et sans cravate, col ouvert : Jérôme Lavrilleux et Xavier Bertrand. Les plus connus sont ceux qui ont le moins besoin de se faire connaître. Ont-ils même encore des rêves de pouvoir ? A moins que leur éloignement l'un de l'autre signifie une prise de distance, un désir de ne pas se rencontrer ni se saluer. Mais non : quand on est fâché en politique, on fait semblant de ne surtout pas l'être ...

Et moi dans tout ça ? Eh bien, je ressens la même impression, légèrement oppressante, qu'en janvier 1999, où j'ai assisté pour la première fois à cette spectaculaire cérémonie, qui fait courir tout le département. A l'époque, les socialistes avait un chef, mais pas d'élus ; maintenant, ils ont quelques malheureux élus, mais pas de chef : ça revient un peu au même. Surtout, c'est le seul moment de l'année, et le seul endroit où je sens physiquement le pouvoir et la puissance de la droite locale. Je suis peut-être le seul, parmi des milliers, à éprouver ce fort et écrasant sentiment pour un socialiste qui a envie de victoires : depuis 18 ans, l'incarnation douloureuse de l'échec et de l'absence de la gauche, sans même qu'un tout petit espoir de l'emporter nous soit donné. Certaines mélopées du BRB n'arrangent pas ma mélancolie.

Alors, je fais quoi, dans cet instant d'accablement ? La seule chose qui reste à faire ici et maintenant, que tout le monde fait : manger et boire (le champagne est servi à volonté). Et puis, il y a l'ivresse des rencontres. Je suis resté hier soir près de trois heures à circuler dans le palais de Fervaques, un peu comme un politique au salon de l'agriculture, mais sans les cochons ni les vaches. Il y a des tas de gens qu'on ne voit pas dans l'année, qui habitent pourtant tout près (Saint-Quentin n'est pas grand), qu'on néglige de contacter : c'est l'occasion de renouer, de prendre des nouvelles ... en attendant l'an prochain. Parce que je serai encore là, et les élus de droite aussi. Je devrais m'en lasser, mais non. Est-ce que je vais terminer ma vie comme ça ?

13 commentaires:

S M a dit…

Est-ce que je vais terminer ma vie comme ça ? dites-vous...
Cela ne dépend que de vous même...
Je ne suis jamais allé à ce genre de raout qui n'existait pas lorsque j'étais secrétaire de mairie pas très loin de votre base, Monsieur Mousset.
Est-ce que j'y aurais assisté si cela avait été organisé dans ces années-là ?
Je n'en serais pas certain à 100 % mais nul doute que s'il l'avait fallu, je n'y serais allé qu'à reculons.
Franchement, ça sert à quoi, ce genre de manifestation en début de mois de janvier ?
Sinon un peu de communication sur le dos des impôts communaux le plus souvent.
Traitez moi de "vieux jeu" si ça vous dit, je n'en serais ni aigri ni déçu, juste indifférent.

Emmanuel Mousset a dit…

Faites comme vous voulez, mais n'allez nulle part à reculons : ne faites pas l'écrevisse.

monique stephanie a dit…

Sous les ors de la république!
Scandalisée par ce pince fesse ou le champagne coule a flot quand il y a un tel taux de chômage et que seuls 37% des stquentinois payent des impôts!!!
Et n avez vous pas remarqué la jolie robe a paillettes de notre ministre de la culture locale!!

Emmanuel Mousset a dit…

Proposez alors à l'opposition locale de demander la suppression de cette cérémonie, et vous verrez la réponse ...

Anonyme a dit…

C'est devenu ringard à l'heure du numérique ..... Mais bof ...

Emmanuel Mousset a dit…

Ah ! le numérique, comme c'est bien, le numérique ...

Erwan Blesbois a dit…

Le numérique a permis et permet encore à ceux qui font les bons logiciels de gagner des milliards et d'exploiter accessoirement leur prochain. Le numérique c'est l'or d'hier, la Silicon Valley c'est l'équivalent d'une mine d'or et de diamants à ciel ouvert, à la puissance 1000. Personne ne s'y trompe, et surtout pas Fillon qui veut doper l'innovation en France et donc in fine le numérique, au détriment évidemment de tout projet social ou de redistribution des richesses, au détriment même de l'éducation de la mémoire et de la culture, les parents pauvres de notre modernité violente. Ce sont les Américains du Nord qui une fois de plus ont trouvé et exploitent désormais le filon pour exploiter les peuples de la Terre entière, et dont le conflit autour des VTC, qui en annonce d'autres du même type, n'est qu'un des avatars. Seuls les asiatiques font de la résistance, même les Allemands sont dépassés sur ce domaine.

Philippe a dit…

C'est l'entre soi des petits bourgeois de la France Périphérique plus ou moins tireurs de manches …
Embouteillage autour des boissons et denrées financées par les gueux ………..
Employés de Mairie que l’on soit obligé de s’y faire voir par son chef de service … soit … mais les autres …. pauvre humanité !

S a dit…

Il semble vraisemblable que celles et ceux qui figurent sur l'estrade sans même avoir la parole n'ont pas tous conscience d'être justement des figurants (comme au cinéma).
Quant à celles et ceux qui sont en bas de l'estrade, de quoi peuvent-ils bien avoir conscience ?
C'est à souhaiter que ce genre de manifestation né il n'y a guère plus de vingt-cinq ans rentre dans l'oubli de l'histoire et disparaisse des actualités de janvier.

Emmanuel Mousset a dit…

Ils sont nombreux, ceux qui, dans la salle et à l'extérieur, voudraient devenir ces figurants-là.

Anonyme a dit…

Ils sont nombreux, ceux qui, dans la salle et à l'extérieur, voudraient devenir ces figurants-là.
Auriez vous fait un sondage ?? Votre affirmation a surtout un seul mérite ,elle est gartuite !!!!!!!!!!!!!!!

Emmanuel Mousset a dit…

Tout est gratuit sur ce blog. Je n'aime pas ce qui est payant.

yvesgerin a dit…

Nous sommes dans une petite ville de province ,rien de moins,rien de plus,n'exagérons pas .