dimanche 29 janvier 2017

C'est dur, la culture ?



C'est dur, la culture ? Normalement non, mais en ce moment, et depuis pas mal de temps, oui. Dans les débats politiques, le sujet n'est plus guère abordé. A gauche pourtant, pendant longtemps, la culture a été un identifiant politique. Il semble que ce camp soit orphelin de Jack Lang, comme la droite d'André Malraux.

La culture est niée par le haut : soupçonnée d'élitisme, accusée de luxe inutile en temps de crise économique grave et prolongée. Elle est mise aussi en cause par le bas : dissoute dans l'animation et le divertissement, peu payante, croit-on, électoralement. Que serait cependant la France sans sa culture ? Plus rien, un territoire vide. On s'angoisse devant les déserts médicaux, mais on ne dénonce pas les déserts culturels.

La vérité, c'est que la culture a toujours été partie prenante de toute grande politique, en République comme sous la monarchie. Son effacement actuel du débat public est donc préoccupant. Emmanuel Macron a tenté d'y remédier, avant-hier, en participant à la matinale de France Culture, pendant deux longues heures, dont je retiens, parmi beaucoup d'autres, deux propositions :

1- Un pass culture pour tout jeune, dans l'année de ses 18 ans, crédité de 500 euros, avec lesquels il pourra fréquenter théâtre, musée, livre et concert. L'année où l'on vote, où l'on devient citoyen, où l'on quitte l'école avant d'entrer souvent dans des études supérieures, c'est aussi l'année qui doit ouvrir à la culture choisie.

2- L'ouverture des bibliothèques municipales et universitaires le soir et le dimanche. La proposition me tient à cœur, puisque je l'avais suggérée pour Saint-Quentin, lors de la dernière pré-campagne des élections municipales, qui m'avait opposé à Michel Garand. Certains établissements fonctionnent déjà ainsi, mais ils sont très minoritaires : leur fréquentation est souvent plus importante que les bibliothèques qui ouvrent aux horaires de bureau, peu pratiques pour les usagers.


En vignette : hier soir, au Splendid, les iNOUïS du Printemps de Bourges, le célèbre festival de la chanson, qui sélectionne ses découvertes pour les scènes ouvertes, hors programmation officielle. Ici, Edgär, qui tient à son tréma comme à la prunelle de ses yeux : ce groupe d'électro pop nous vient d'Amiens. De la Picardie au Berry, c'est un clin d'œil !

7 commentaires:

citoyen a dit…

l'entrée dans les musées devrait être modulée en fonction des ressources de chacun pour les adultes, gratuite pour les jeunes en desssous de 30ans ( les études durant à notre époque plus longtemps qu'avant)
pour les adultes on devrait facilement trouver un dispositif adequat,ça se fait bien pour la SNCF
quel coût? faut savoir ce qu'on veut, oui la culture n'a pas de prix

Maxime Lépine a dit…

On peut savoir comment le banquier compte financer ça?

François a dit…

S'efforcer de composer un billet-séquence régulièrement constitue pour le rédacteur un exercice périlleux. En effet, le mode d'écriture employé, pour le moins abscons, comme si la source, l'"archive" d'origine répondait à un cours très long et tumultueux, ainsi un fleuve qui avant de rencontrer son ordre régulier fût dans son principe, torrent, (Loire ou Allier), nécessite l'usage d'un garde-fou du sens à délivrer. Au passage de la matinée à l'après-midi de ce lundi pluvieux du 30 janvier, la tâche du blog resurgit, eau foisonnante et compliquée. Nous avons, dans son titre opéré à la troncature du terme "rétablissement" : r-établissement. L'établissement de l'ouvrier dans sa fonction ordinaire, le rétablissement suite à une longue absence du rédacteur. Ce qu'entendre, comprendre, veut dire. Le suspens qui fait suite au mésusage de la prose pourtant révélée, r-établie. Au seuil du sens, nous allons interrompre la marche révolue de l'acteur écrivant du dit blog. Y aura-t-il, en contre-écho, une réception d'un éventuel lecteur : rien n'est moins sûr ! Mais, nonobstant, c'est d'un pas assuré que le rédacteur compte rétablir sa marche, l'ascension du mont ou la descente d'un des sus-nommés fleuves. Au plaisir de la découverte de la multitude langagière, Franç-ois : de la franc-hise.

Emmanuel Mousset a dit…

Citoyen, si vous voulez adapter le système incompréhensible de la SNCF aux musées, je n'y mettrai plus jamais les pieds !

C a dit…

"LA" culture !...
Vaste chantier...
Existerait-il vraiment quelque chose qui pourrait s'intituler "LA" culture ?
Indubitablement existe une démarche : celle de se cultiver.
Mais cette démarche ne recouvre pas que le spectre des arts ni celui des spectacles.
Elle s'étend intellectuellement à tous les types de savoir, à toutes les sciences et toutes les techniques.
Il existe donc des êtres incultes et des autres cultivés à niveaux différents parce que leur intérêt va des domaines artistiques et spectaculaires à ceux qui sont scientifiques et techniques.
Il est quasi certain que les êtres incultes sont rarissimes.

yvesgerin a dit…

Magistral
Original
Utile
Séduisant
Savant
Engagé
Talentueux

yvesgerin a dit…

La Bibliotheque ne sert plus à grand chose elle a été vidée à plus de 80 pour cent.