vendredi 19 mai 2017

La recomposition passe par St-Quentin



La République En Marche ne présentera pas de candidat dans la circonscription de Saint-Quentin aux élections législatives. Le cas n'est pas isolé : 55 circonscriptions sont dans ce cas. C'est inhabituel : un parti politique, surtout lorsqu'il est en tête, présente partout des candidats. Avec le président Macron, rien n'est plus comme avant. Pourquoi ?

L'objectif, annoncé pendant sa campagne, est de former une majorité qui dépasse le clivage gauche/droite. Les candidats estampillés En Marche ! correspondent à ce choix. Mais dans une minorité de circonscriptions, le mouvement a décidé de soutenir ou de laisser leur chance à des élus dont le parcours, les prises de position peuvent les amener à participer, d'une façon ou d'une autre, à la nouvelle majorité. C'est le cas à Saint-Quentin. Pourtant, le collectif local d'En Marche ! avait plusieurs candidats de qualité, qui étaient en capacité de faire campagne et peut-être de l'emporter. Mais l'objectif national prévaut.

Xavier Bertrand, à la suite du premier tour des élections présidentielles, a clairement appelé à voter pour Emmanuel Macron. Il a même reproché à ses amis politiques de ne pas en faire assez dans ce sens. En vue des élections législatives, s'il souhaite une majorité de cohabitation Les Républicains et rejette les ralliements individuels au nouveau gouvernement, il n'exclut cependant pas la possibilité d'une majorité LR-REM et la constitution d'un gouvernement d'union nationale (voir un récent entretien au Figaro). De plus, au sein de la droite, Xavier Bertrand a toujours défendu une composante sociale et populaire, distincte de la droite conservatrice. Ce sont des signes et des faits à ne pas négliger, quand on est à la recherche d'une majorité ouverte et plurielle.

Tous ces éléments, à quoi il faut ajouter une condamnation sans équivoque du Front national, ont conduit Emmanuel Macron à proposer à Xavier Bertrand d'entrer au gouvernement. De même, le comité national d'investitures d'En Marche ! a proposé à Julien Dive, député LR sortant, de se présenter sous la bannière de la République en Marche. L'un et l'autre ont refusé, préférant garder leur identité. C'est leur droit, c'est leur choix, compréhensible et respectable. Mais c'est le devoir de la République en Marche de pousser jusqu'au bout la logique de recomposition qu'elle a initiée avec le président Macron et qui se poursuivra après les élections législatives. Alors, il faudra s'ouvrir à toutes les bonnes volontés, y compris à celles et ceux qui n'auront pas fait le choix immédiat de cette recomposition.

Dans la circonscription de Saint-Quentin, Julien Dive ne peut pas gagner sans les voix qui se sont portées, dès le premier tour de la présidentielle, sur Emmanuel Macron. Une grande part de cet électorat vient de la gauche. Le député sortant devra donc faire les signes et les gestes nécessaires pour que cet électorat, qui souhaite la recomposition, se mobilise en sa faveur. Il ne s'agit pas de lui demander de renoncer à ce qu'il est, un homme de droite, pas plus que je renoncerai à ce que je suis, un homme de gauche, en votant pour lui dès le 1er tour de la législative, mais de prendre la mesure de ce qui est en train de se passer en France : le désir d'affronter et de régler les lourds problèmes de notre temps, en dépassant les clivages anciens, qui gardent leur légitimité, mais qui ne peuvent plus être à eux seuls l'alpha et l'oméga de notre vie politique.

25 commentaires:

J B a dit…

Une chose est sûre et certaine pour un esprit qui a compris la géométrie euclidienne : on peut être "in", on peut être "out".
Mais être "in" et "out" à la fois, ça dépasse l'entendement...
Il faut au moins en être aux mathématiques modernes...
Qu'un parti politique ne soit pas "ennemi mortel" d'un autre parti politique, ça se comprend.
Que des membres d'un parti ne soient pas non plus ennemis de membres d'un autre parti, c'est la vie en société.
Mais qu'un parti ne présente pas de candidat contre des membres d'un autre parti sans accord préalable entre les partis concernés, faut expliquer !
Il y a eu tractations et ces accords prennent les électeurs pour des godillots.
Il peut arriver que les godillots renâclent à marcher au pas...

Emmanuel Mousset a dit…

La République En Marche n'est pas dans la "culture d'appareil" : pas de tractations, pas de renvois d'ascenseur. LREM propose, ses interlocuteurs disposent : chacun réagit en fonction de ses convictions et analyses. Je comprends que vous soyez surpris : tout ce qui est nouveau surprend.

Philippe a dit…

Tout doux !
Pour l’instant nous en sommes au stade du seul baratin politicien habituel mais parfaitement/magistralement mis en scène par les médias dont les propriétaires sont des grands groupes privés.
Ce Baratin se présente sous forme de "milk shake" mélangeant des arômes artificiels de gauche, de droite, et d’ailleurs qui vont vite s’évaporer.
Le spectacle a été celui d'une "francovision" orchestrée avec toutes les connaissances en sciences de la manipulation psychologique dont bénéficient les mercenaires firmes de communication ...
Au final le prix de la meilleure "chanson" a été attribuée au crooner Macron … Bravo l’artiste … oui et après …
Désinformation, storytelling, propagande, utilisation des moyens juridiques de l’État et de l’UE contre les adversaires les plus pressants etc. etc. un véritable cas d’école … tout y était !
Attendons la confrontation de la « chanson » avec les faits avant de parler de « recomposition » et y mêler ce pauvre territoire du Vermandois ...

yvesgerin a dit…

Pourquoi vous vous définissez encore comme homme de gauche? La gauche répond toujours à des critères philosophiques rigoureux dont beaucoup de macron âtres se sont éloignés.La gauche n'est pas morte ét passe maintenant par la critique solide et étayée du macronisme.Le nouveau ministre de l'éducation nationale annonce ainsi clairement de nouveaux horizons,,inquiétants.

Anonyme a dit…

MACRON 2017 et DE GAULLE 45 , une similitude sur le fond ; pas forcement sur la forme : Macron ne s’appuie que sur un mouvement embryonnaire et sur les ralliements individuels de centristes, de socialistes et de bourgeois. Cela peut changer, mais paraît fragile. Plus instructive est en revanche la similitude entre les situations macronienne de ce printemps et gaullienne de l’immédiat après-guerre.

Elles se ressemblent en ceci que l’une et l’autre font voir un chef sans parti, peu porté à estimer le monde parlementaire ordinaire. De Gaulle explique sans détour dans ses Mémoires de guerre son dédain à l’égard de ceux qu’il tient pour des politicards, peu soucieux de l’intérêt public; autre parallèle, de Gaulle en 1945 faisait face à une droite et à une gauche classiques mal en point et à une puissante force extrémiste – non pas de droite comme le Front national (FN) de Marine Le Pen et La France insoumise (FI) de Jean-Luc Mélenchon, mais le Parti communiste de Maurice Thorez. Cette solitude finit, jugea-t-il, par l’empêcher de gouverner et le 8 janvier 1946 il démissionna, entamant une longue «traversée du désert».

Anonyme a dit…

Pas de candidat "En Marche" contre Julien Dive, c est un peu tiré par les cheveux, mais un candidat "En Marche" contre Jean Louis Bricout, c est une faute politique majeure : veut on un député Front National élu le 18 juin ?

Emmanuel Mousset a dit…

Personne ne veut un député FN, sauf le FN. Et surtout pas LRM. Faute politique majeure ? Je ne sais pas, je ne connais pas dans quelles conditions ce choix s'est fait. Ce que je sais, c'est qu'il y aura un second tour et qu'il faudra se rassembler contre le FN.

Anonyme a dit…

Allez Juju vas-y défonce le FN !!!

Anonyme a dit…

J'ai voté Macron à la présidentielle mais je ne voterai pas pour Dive. Ces calculs politiques sont consternants. On pouvait espérer mieux comme député...

Anonyme a dit…

ça sent la négociation entre les responsables du dèpartement la république en marche et les responsables les républicains dans la 2 ème circonscription il faut ètre aveugle pour ne pas le comprendre.il ne faut surtout pas battre le poulain de x b en espèrent que les pauvres èlècteurs naïfs de la 2 ème circonscription sanctionne ces pratiques. quand a la 3 ème circonscription il est évident que certains veulent la peau de bricout .cela s appelle un arrangement entre bon amis

Emmanuel Mousset a dit…

1- Il faut surtout argumenter contre le FN.

2- "Embrassez qui vous voudrez", dit la chanson. Pareil pour le vote.

3- Et si c'était vous qui sentiez mauvais ? En tout cas, je ne partage pas votre vision cynique de la politique.

Anonyme a dit…

pour rèpondre a votre question sur une vision cynique de la politique !!! je comprend parfaitement que vous soyez très mal a l aise !!! cher ami je vous recontacterais au prochain remaniement juste après les lègislatives

Emmanuel Mousset a dit…

Oui, le cynisme en politique m'a toujours mis très mal à l'aise. Vous, en revanche, vous ne semblez pas avoir de problème de ce côté-là. Après tout, c'est peut-être vous qui avez raison ?

Philippe a dit…

"Il faut surtout argumenter contre le FN."
blabla ... il ne faut pas disserter/jacter/blablater contre le FN il faut agir soit
-en partageant (tous y compris les évadés fiscaux ou le milliardaire propriétaire de BFM simples exemples parmi d'autres) avec les plus humbles de nos concitoyens ...
beaucoup mieux que l’assistanat
-en créant des activités commerciales/industrielles/de services dans les zones désindustrialisées … comme Saint Quentin, Hénin-Beaumont et des centaines d’autres zones …
Il faut « revitaliser » nos zones « périphériques »
Compte tenu du coût locatif et à l’achat de l’immobilier dans les mégapoles où se situent actuellement les empois les citoyens issus des zones désindustrialisées ne peuvent pas s’y loger et y rechercher du travail même s’ils ont les capacités requises.
Dans ce contexte immobilier très cher lire dans les journaux que des migrants y sont logés par le Maire d’une mégapole fait désordre et accentue les frustrations quoique l’on blablate sur le sujet en général en traitant les plaignants de racistes ce qui n’améliore pas les choses.
NB dans ses études de géographie humaine Christophe Guilluy tient compte de ce critère parmi d’autres pour établir ses cartes qui dérangent tant Boboland et ses idiots utiles.

Emmanuel Mousset a dit…

Ah ! Guilluy, encore lui ! Heureusement qu'il est là, celui-là ! Qu'est-ce que vous feriez sans lui ?

Anonyme a dit…

Pauvre e mousset!! Je vous sens un peu tristoune et déçu !!!
Comment allez vous faire pour voter dive. Candidat XB-allez vous utiliser une pince! Des gants... Pour tenir le bulletin ?

Philippe a dit…

Je fais de mon mieux pour tenter d'animer, avec une poignée d'autres, la zone "commentaires" de votre blog.
Ne soyez pas trop dur pour nous pauvres aveugles !
N'oubliez pas qu'au royaume des aveugle ... "LE" borgne est roi !

Emmanuel Mousset a dit…

1- Non, je vote toujours d'une main franche, qui ne tremble pas. Les pinces, les gants, je vous laisse ce genre de perversion.

2- Philippe, vous avez raison. Quand je compare, je constate que vous n'êtes pas le pire des commentateurs. Si vous saviez ce que j'ai connu par le passé ... (les archives, depuis 10 ans, en font foi). Il m'arrive encore de supprimer, régulièrement, des commentaires débiles ou haineux. Ce n'est pas votre cas.

R A a dit…

S'il vous arrive de supprimer régulièrement des commentaires débiles ou haineux, songez à revisiter vos propres écrits...
Vos réponses à certaines interventions qui ne volent pas haut sont de temps en temps plus bas que le niveau des pâquerettes aussi et pour ma part j'aurais honte d'avoir tenu ces propos signés de l'indécence.
Allez-y, revoyez ces rares et atterrantes réponses et jugez s'il y a de quoi en être fier...

Emmanuel Mousset a dit…

Chez moi, je vais ce que je veux. Je mets les pieds sur la banquette et je crache par terre si ça me chante. Mais je n'accepte pas que les autres le fassent. Et si ça ne leur plait pas, qu'ils restent chez eux. Pareil pour mon blog. Je ne répondrais donc pas positivement à votre requête et je garde toute ma fierté.

Emmanuel Mousset a dit…

"Chez moi, je fais ...", évidemment. Mais je "vais" aussi comme je veux !

Philippe a dit…

Vous avez mis le doigt ... sur le petit point qui vous a toujours empêché de "décoller" localement en politique.
Vous donnez à vos interlocuteurs le sentiment que vous vous pensez supérieurs à eux.
Un peu le petit blanc de la Brie (je crois ?) chez les indigènes des Hauts de France.

Emmanuel Mousset a dit…

Je ne suis pas psychologue, je n'ai pas à gérer les complexes des autres. Mais comme je ne cherche pas à "décoller" en politique, comme vous dites, ça ne me pose aucun problème.

Philippe a dit…

"Mais comme je ne cherche pas à "décoller" en politique" dit-il
Pas au présent, c’est Dive » pas de chance !
au passé ... au passé ... j’ai cherché à "décoller" !
Et oh, çà fait longtemps que les zigzags « politiques » du citoyen Emmanuel sont observés par quelques indigènes de plus en plus goguenards  !

Emmanuel Mousset a dit…

Ni passé, ni présent, ni futur : depuis toujours, je suis une ligne droite (bien qu'étant de gauche).