dimanche 29 mai 2016

Souviens-toi, Verdun




Pas facile de commémorer le centenaire de la bataille de Verdun. Car de quoi faut-il se souvenir ? De la gloire militaire, de l'absurdité de la guerre, du sacrifice des combattants, de l'espoir de paix ? Il y a ce mot atroce, trivial, devenu un lieu commun pour qualifier l'événement : boucherie. Verdun ne cesse pas de nous poursuivre, de polémiquer avec nous, un siècle après. Il y a eu la reconnaissance des fusillés pour l'exemple, jusqu'à la querelle d'aujourd'hui autour du rappeur Black M, finalement décommandé, sous la pression de l'extrême droite. On est très loin du courage des tranchées ...

A Saint-Quentin, pas de polémique, mais une courte cérémonie ce matin, sur le boulevard et devant la salle municipale qui portent le nom que nous célébrons. Les anciens combattants ont ouvert la cérémonie, en rangs serrés sous un ciel gris, un ciel de guerre (vignette 1). En présence des élus et des personnalités, madame le maire (sans rollers) a salué le public (vignette 2). Avec monsieur le sous-préfet, des gerbes ont été déposées (vignette 3). Le représentant de l'Etat a lu le message du secrétaire d'Etat aux anciens combattants (vignette 4).

Le discours a été un peu couvert par le bruit des nombreuses voitures circulant sur le boulevard. Au loin, traversant le pont, un groupe de coureurs à pied en vêtements fluo extravagants étaient indifférents à notre rassemblement. Parmi l'assistance, des curieux observaient, des joueurs de poker, avant de retourner dans la salle municipale, pour disputer leur finale. L'un d'eux faisait partager son contentement d'avoir serré la main à madame le maire. Verdun, qui s'en souvient ?

7 commentaires:

Maxime Lépine a dit…

Oh je ne serais même pas étonné que les Saint-Quentinois ne sachent pas où se trouve Verdun. Le niveau culturel de la ville étant ce qu'il est...

Pour le concert de rap, je suis satisfait qu'il ait été annulé. Une décision de bon sens: seul le silence (à la limite un Requiem) convient à un champ de bataille comme Verdun.

Anonyme a dit…

Ne doutons pas du niveau culturel de Monsieur Lépine et retournons lui son mépris de quelque ville soit-il !

Philippe a dit…

"Verdun" est, me semble-t-il, à comprendre comme un symbole destiné à résumer en un mot toute la ligne de front de la mer du Nord à la suisse.
La plupart des morts avaient un niveau culturel bas ... des gens de peu, éventuellement morts à Verdun ... ils ont alors appris où était Verdun.

Erwan Blesbois a dit…

" La plupart des morts avaient un niveau culturel bas ... des gens de peu, éventuellement morts à Verdun ", qu'aurait dit Macron de ces gens là, les aurait-il méprisés ? Les pauvres de tout temps c'est juste bon à faire de la chair à canon, là on les honore. Sinon en paradigme capitaliste, les pauvres et plus généralement les salariés et les chômeurs sont estimés en termes de coût. Ce sont les ennemis des bénéfices redistribués entre dirigeants et actionnaires, ce sont donc les ennemis de la croissance et donc du capital et donc de l'oligarchie qui se trouve derrière, qui voudrait bien les remplacer par des machines, moins coûteuses et surtout moins remuantes et revendicatrices. Plus les coût seront bas ( le travail), plus les bénéfices hauts (la plus-value qui résulte de ce travail), plus il y aura de la croissance, mais croissance qui ne signifiera plus forcément emplois, contrairement à ce que l'on veut nous faire croire : ou alors emplois précaires, intérim, et surtout remplacement du salarié par la machine. Les bénéfices sont de moins en moins redistribués dans les coûts, c'est-à-dire pour les travailleurs. On peut à nouveau aujourd'hui à nouveau reparler d'exploitation en ce qui concerne les travailleurs. Les " 30 glorieuses " auront été l'exception, et l'exploitation des travailleurs, la norme du capitalisme, qui a maintenant plus de 300 ans. Comme il n'y a plus de communistes à combattre, plus besoin de montrer aux populations une bonne image, c'est à coup de schlague que seront désormais et à nouveau traités les salariés et les chômeurs. Il est tout à fait légitime de dire aujourd'hui, " salaud de pauvres ", c'est entré dans les mentalités, et pire encore les pauvres sont souvent criminalisés : on a vu une chômeuse en Angleterre être condamnée à trois ans de prison ferme, pour avoir utilisé ses allocations pour partir en vacances. Pourrait-on en dire autant de Cahuzac qui a commis des actes beaucoup plus graves : on peut le dire, justice de classe.

Emmanuel Mousset a dit…

Ah ! les "30 glorieuses", c'était tellement mieux ...

Maxime Lépine a dit…

Je n'y peux rien si d'un point de vue culture, le Saint-Quentinois moyen est au niveau de Ribéry... mais je reconnais que mon post était provocateur, même si je sais de quoi je parle.

Philippe a dit…

"Je n'y peux rien si d'un point de vue culture,"
Réponse typique d'un "petit blanc" à un "indigène"