vendredi 21 novembre 2014

L'union ou la mort



Pour les instances nationales du parti socialiste, à l'approche des élections cantonales (dans quatre mois seulement), l'union de la gauche n'est plus seulement une option, mais un devoir, si l'on veut limiter la catastrophe annoncée. A Saint-Quentin, lors du dernier scrutin cantonal, la stratégie des candidatures autonomes et des têtes nouvelles a prévalu, avec la défaite qu'on sait, l'extrême droite devançant les deux candidats PS, Carole Berlemont et Stéphane Andurand. Si une telle stratégie se poursuit, c'est la mort assurée. Sachant que les candidatures se feront sous forme de binôme homme-femme, l'union est réalisable dans un même ticket.

Mais quelles sont localement les possibilités d'union ? Le partenaire naturel et historique du PS est d'abord le PRG (Parti radical de gauche) : peu d'activités sur Saint-Quentin, mais une présence lors de la récente élection municipale, avec une représentation sur la liste en la personne d'Edwige Calonne, et le soutien actif de Jean-Robert Boutreux, connu dans le paysage saint-quentinois. Il faut compter aussi sur les chevènementistes du MRC (Mouvement républicain et citoyen), avec à leur tête Laurent Elie, lui aussi présent sur la liste municipale.

Dans ce premier cercle d'alliances possibles, une nouvelle formation est à inclure, lancée il y a quelques semaines par Jean-Luc Bennahmias, le Front démocrate, qui se présente comme ouvertement pro-gouvernemental. Son responsable à Saint-Quentin est Antonio Ribeiro, désormais éligible, réapparu dernièrement sur la scène politique locale en signant des tracts en compagnie de Stéphane Monnoyer, ex-MoDem. La logique voudrait qu'ils se rapprochent du parti socialiste. Mais l'essai avait été infructueux aux élections municipales de mars. L'Initiative démocratique de gauche (IDG), présidée par Roland Renard, est un allié habituel, mais sans figure marquante et repérable à Saint-Quentin, contrairement à il y a une dizaine d'années, quand Lionel Josse, bien implanté dans le monde associatif, était son représentant.

Le deuxième cercle est constitué de partis de gauche dont le rapport au PS est cependant problématique. En premier lieu, nous pensons bien sûr aux écologistes. A Saint-Quentin, l'ex-conseillère municipale Nora Ahmed Ali a été exclue de EELV, à la suite de sa position durant les municipales. Reste Michèle Cahu, conseillère régionale, mais brouillée avec les socialistes à l'occasion de ces municipales. Les divisions s'effacent vite quand on a la maturité politique : est-ce que ce sera le cas ?

Côté communistes, la situation est beaucoup plus délicate, pour ne pas dire impossible : Corinne Bécourt et Olivier Tournay auront leurs candidats et ne s'inscriront pas dans une logique d'union, c'est quasiment certain. Ou alors, il faudrait être politiquement très fort et très malin pour les amener à des candidatures communes à toute la gauche. Ces choses se sont déjà vues, mais localement c'est difficile. Il faudrait du moins attirer les communistes du Front de gauche, Guy Fontaine et Alix Suchecki, respectivement ancien leader de la CGT et ex-adjointe du maire PCF Daniel Le Meur. Mais ce qui ne s'est pas fait aux municipales se fera-t-il aux cantonales ? Rien n'est moins sûr.

A brosser ce rapide tableau de l'état de l'union, on est plutôt porter au pessimisme. Mais la politique est aussi une question de volonté, d'énergie, de décision. Au départ, tout est difficile et compliqué ; ça ne préjuge pas du résultat, qui est ce qu'on en fait. De toute façon, il n'y a pas le choix : pour les socialistes, déjà mal en point, c'est l'union ou la mort. La gauche locale serait-elle à ce point irresponsable face au danger d'extrême droite ? Accepterait-elle de voir le Front national la battre pour la troisième fois consécutive ? Si c'était le cas, ce serait à désespérer de cette gauche locale ; ce serait à se demander si elle souhaite vraiment gagner ou plutôt témoigner, c'est-à-dire se contenter de survivre et de vivoter ... Réponse dans les prochains jours ou les prochaines semaines.

7 commentaires:

Anonyme a dit…

En suivant aveuglément la politique gouvernementale, le PS local est en phase terminale. S'il veut réellement gagner les cantonales ou plus simplement regagner la confiance des électeurs, une chose simple reste à faire: se désolidariser du gouvernement et proposer un programme réellement social. tant que vous n'aurez pas compris cela, vous pourrez gloser et glousser à tire larigot sur ce blog et ailleurs, cela ne restera que du brassage d'air.

Emmanuel Mousset a dit…

Vous proposez que les socialistes trahissent le gouvernement et abandonnent leur parti. C'est original.

Anonyme a dit…

Quiconque ira avec le PS sera de toute façon assimilé à la politique gouvernementale. Pour le PS, cela peut s'entendre, et encore... Pour les autres, c'est se tirer une balle dans le pied. On verra qui sera attiré par la gamelle (quitte à se dédire des ses positionnements nationaux).

Emmanuel Mousset a dit…

Chacun doit être fidèle à ses convictions, tout simplement. Se tirer une balle dans le pied, il faut être fou. Quant à la "gamelle", je ne sais pas si vous l'entendez au sens de "manger dans la gamelle" ou bien "se prendre une gamelle" ?

Anonyme a dit…

Si le ps meurt et disparait,
qui le regrettera à par vous ?
De toute façon, les électeurs locaux ne votent plus pour le ps car ils n'y croient plus.

FRONT DEMOCRATE REGION PICARDIE a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Emmanuel Mousset a dit…

1- La légende d'une mort du PS est aussi ancienne que le PS, toujours bien vivant, et pour longtemps.

2- Les regrets d'une disparition fantasmée seraient à l'égard de la démocratie, qui a besoin d'un parti socialiste fort, comme d'une UMP forte.