lundi 11 avril 2016

Nuit debout en plein jour (1)




Hier soir, vers 17h00, il y avait bien un petit millier de personnes place de la République, à Paris, chez les Nuit debout (vignette 1). Assez peu d'enfants, beaucoup de trentenaires, des look souvent étudiant. Pas mal de curieux aussi, des passants, et même des sceptiques : "ça ne va pas aboutir", entend-t-on. Aucun visage connu, sauf celui de Noël Mamère, discret. Les badges ou les tracts politiques sont absents.

Boulevard Magenta, plusieurs commerces sont tagués de slogans. Pas l'ombre d'un policier ou d'un CRS. Pas non plus de Croix rouge ou de toilettes publiques. La première impression est celle d'une grande anarchie. Au second coup d'œil, c'est différent : comme sous les pavés la plage, sous le désordre l'organisation. Les Nuit debout ont leur cantine, leur infirmerie, un espace dédié à la logistique et même un média, TV debout. Des visages sont fatigués d'avoir passé la nuit ici, les matelas l'attestent. Les photographes ne sont pas forcément les bienvenus.

La statue de la République est devenue un patchwork où se mêlent les revendications de Nuit debout et les hommages aux victimes du Bataclan, tout proche : fleurs, bougies, drapeaux tricolores (vignette 2). Sont-ce les mêmes qui pleuraient nos morts en novembre et qui espèrent aujourd'hui changer le monde ? En haut de la statue, un pendu, que je n'arrive pas à discerner : El Khomri ? Valls ? Gattaz ? Ces tentes, ces bâches, cette foule, ces débats, ces slogans partout : je me retrouve en octobre 1979, quand je découvrais pour la première fois la fac de Vincennes et son atmosphère soixante-huitarde (vignette 3). 1968 en 2016 ? Pas sûr ...

2 commentaires:

Maxime Lépine a dit…

Et du coup quel est votre avis sur ce mouvement maintenant que vous avez jeté un coup d'oeil place de la République?

En ce qui le concerne, j'imagine que ce ne sont que des bobos, qui feraient mieux d'aller fumer leurs pétards ailleurs. Je ne comprends d'ailleurs pas que l'État tolère cela.

Emmanuel Mousset a dit…

Une petite taffe, Maxime ? Mon avis n'a pas changé : confirmation de mon récent billet sur ce mouvement.