vendredi 19 février 2016

La loi dont personne ne parle



Depuis quelques semaines, nous nous passionnons pour une loi, la déchéance de nationalité, qui ne concernera presque personne, qui n'aura aucune efficacité et qui sera purement symbolique. Depuis quelques heures, nous réagissons violemment à un projet de loi, la réforme du droit du travail, qui n'a pas encore été rendu public, qui n'a pas été présenté devant le Conseil des ministres, qui ne sera discuté au Parlement que dans quelques semaines. Mais ce sont des thèmes médiatiques et polémiques, qui divisent à l'intérieur des grandes formations politiques : ce sont donc des sujets à spectacle.

Il y a une loi dont personne ne parle, qui est pourtant très importante, qui a été adoptée hier soir par le Parlement, sans médiatisation, sans polémique, sans spectacle : il s'agit de la loi sur le droit des étrangers, en vue d'un meilleur accueil dans notre société, par la simplification de leurs droits et démarches. Ce n'est pas simplement administratif et juridique : c'est éminemment politique. La représentation nationale en a longuement débattu, la droite a voté contre, le Front de gauche s'est abstenu, les socialistes et leurs alliés ont approuvé.

Mais qui en a entendu parler ? Et qui connaît le contenu de cette loi ? Je ne suis même pas sûr que les sections socialistes s'en soient tenues informées et aient les capacités de la défendre. Si la pédagogie des réformes était correctement faite, nous n'en serions pas là électoralement. Mais les responsables ne prennent pas toujours leurs responsabilités, et ils sont souvent, hélas, eux aussi, à la traîne des médias, préférant une sale polémique à un militantisme sérieux. Et combien de lois, d'initiatives du gouvernement sont dans cette situation-là ? Ce qui manque au Parti socialiste, ce n'est pas d'être plus à gauche, mais d'être plus travailleur et plus sérieux (je ne vise pas la direction, qui fait ce qu'elle peut et qui est bien consciente du problème)

La loi sur le droit des étrangers leur accorde un titre de séjour plus favorable, parce que sa durée est augmentée de plusieurs années, ce qui réduit les démarches en préfecture. Le titre de séjour pour raisons médicales est facilité : par exemple, les parents l'obtiendront, provisoirement, en cas d'enfant malade soigné en France. Pour les expulsés, le juge interviendra plus rapidement auprès d'eux. Le centre de détention deviendra l'exception et l'assignation à résidence la norme. Ces quelques dispositions de la nouvelle loi (il y en a d'autres) montrent qu'elle va dans le sens de la justice, du progrès, de l'humanisme tels que la gauche les perçoit, et que la droite considère différemment.

Rien ne m'irrite tant que les idiots (ou les fachos) qui rabâchent que "la droite et la gauche, c'est la même chose". Le débat et le résultat de ce projet de loi prouvent que non, s'il fallait encore le prouver ! Oh, je sais, la plupart des Français ne sont pas concernés, les termes du sujet sont un peu techniques, pas très sexy, et la machine à fantasmes ne peut pas s'exciter comme sur la déchéance de nationalité ou la réforme du code du travail. Mais on peut aussi concevoir et pratiquer la politique autrement : un long et patient travail de la raison, une mise en œuvre concrète de convictions, dans la passion, dans l'enthousiasme, mais pas à travers les détestables polémiques et fantasmes qui pervertissent aujourd'hui le débat public. J'ajouterais que s'intéresser à la politique, c'est aborder des sujets qui ne nous concernent pas.

Pour finir, je voudrais saluer le travail du législateur, discret, tenace, efficace, députés et sénateurs, hors de tout spectacle et de toute médiatisation, ayant à subir de plein fouet l'antiparlementarisme de l'extrême droite et de toute une partie de l'opinion, dont la haine de la politique est hélas la passion mauvaise qu'elles partagent. Mais la République en a vu d'autres et tiendra bon.

29 commentaires:

Philippe a dit…

« Rien ne m'irrite tant que les idiots (ou les fachos) qui rabâchent que "la droite et la gauche, c'est la même chose". »
Dire que la droite et la gauche c'est la même chose.
Dire que Peugeot et Toyota c'est la même chose.
C'est idiot.
Les premiers sont concurrents pour les postes à prendre, et les seconds pour les clients à attirer.
Quand il y a un ennemi commun (pour les postes) exemple ils s'allient PS et LR contre le FN.
Les français eux (j'en fais partie) choisissent, à tort ou à raison, dans l'offre politique ceux qui serviront leurs intérêts personnels réels ou fantasmés.
Tout le monde va à la gamelle et prêche pour sa paroisse.

Emmanuel Mousset a dit…

Non, ce n'est pas ma conception de la vie ni de la politique, la "philosophie de la gamelle".

Erwan Blesbois a dit…

Alors Philippe, habitiez vous à Versailles en 1998, et étiez vous informaticien ? Si je me trompe il n'y a pas de mal, ce serait un miracle !

Bil36 a dit…

Super cette loi on va enfin faire venir plus d'étranger, il est vrai que la France a beaucoup d'emploi à leur offrir, en plus la gauche les derniers événements prouvent que ces étrangers s'intègrent parfaitement, Avec une bonne réforme du droit du travail tout va bien se passer

Emmanuel Mousset a dit…

Comme il n'y a pas tant d'étrangers que ça qui viennent en France, ça ne pose pas de problème. Sauf à vous, évidemment.

C a dit…

"Et combien de lois, d'initiatives du gouvernement sont dans cette situation-là ?"
dites-vous...
Eh bien ce n'est pas ma conception de la démocratie républicaine dans le droit fil de la séparation des pouvoirs chère à Montesquieu !
Au pouvoir législatif de proposer et de voter les lois.
Au pouvoir exécutif de les mettre en application.
Au pouvoir judiciaire (aidé par les forces policières à sa disposition) pour sévir et punir les contrevenants aux lois.
Ce ne serait pas plus simple et plus clair comme cela ?
Pas d'ingérence de l'exécutif dans le législatif !

Maxime Lépine a dit…

Et à moi. Et à des millions de Français que la gauche méprise, persuadée de détenir la morale universelle.

Emmanuel Mousset a dit…

1- A C : libre à vous de changer de République, de revenir par exemple à la Ve.

2- A Maxime : mon choix n'est pas moral, mais politique, le choix d'une société multiculturelle. Aucun mépris là-dedans, simplement un point de vue.

Erwan Blesbois a dit…

Si du mépris, Emmanuel, cesse de te mentir à toi-même et aux autres. Puisque selon toi "Le problème ne vient pas tant du mépris (sentiment aristocratique plutôt rare dans une société démocratique) que du sentiment d'être méprisé (sentiment très fréquent dans une société démocratique, où l'idée de supériorité insupporte, où l'individualisme narcissique est très répandu." Je traduis, pour toi le mépris est le sentiment noble et non compassionnel, cher à Nietzsche, quand il fait fréquemment l'éloge de l'aristocratie française. Ce fou de Nietzsche qui voudrait nous faire revenir en deçà de la révolution française. Dans ce débat entre compassion et absence de compassion, tu as fait ton choix, mais était-ce un choix ? Etre du côté des puissants, avec leur beau sentiment aristocratique de mépris ; et tourner en dérision "le peuple", ou "les peuples", petits, moyens, immigrés ; pour qui le mépris ne serait qu'un fantasme, un sentiment d'être méprisé qui ne correspond à aucune réalité. Or si ce sentiment d'être méprisé correspond bien à une réalité et n'est pas seulement dû à l'individualisme narcissique. C'est ta place de pouvoir, chèrement acquise qui te fait dire ça, et n'utilise pas ce pauvre Nietzsche, à qui l'on peut faire dire tout ce que l'on veut, pour accomplir tes noirs desseins. Quant à ta société "multiculturelle", ce serait une abomination pour Nietzsche, car la perte de ce qui fait l'esprit français, et là je rejoins Philippe.

Erwan Blesbois a dit…

Il est hors de question que l'esprit français se dissolve dans le marasme planétaire, dans le misérabilisme mondialisé. On peut être Français, comme le dit Philippe "s'il s'assimile c'est à dire s'il adhère". Or la problématique actuelle de beaucoup de musulmans ou d'autres, est qu'ils veulent imposer leurs coutumes, leur mode de vie aux Français assimilés quelles que soient leurs origines ethnique, là encore je rejoins Philippe. Je ne sais pas quels intérêts tu veux défendre, en rejetant cette idée d'assimilation, et en écartant la notion que les fraîchement arrivés doivent adopter les mœurs et coutumes françaises... peut-être la dissolution dans la mondialisation économique et libérale, apatride, de l'esprit français ? Quant aux Français de souche, ils n'ont pas plus de dignité que n'importe quel autre français assimilé et d'origine étrangère, mais le Français de souche particulièrement aujourd'hui, est honni et méprisé. Il doit presque rendre des comptes sur son origine, toujours suspect de collaboration avec l'occupant allemand. C'est du grand délire, heureusement Zemmour nous fait revenir sur terre. J'ai eu une bonne amie à la Fac de la Sorbonne, qui était musulmane, elle était persuadé qu'elle était une aristocrate. On est en train de mettre dans la tête de beaucoup de musulmans qu'ils sont des aristocrates, dans un pays de moutons, où les Français assimilés seraient le peuple à exploiter pour ces musulmans dont la volonté de puissance n'a plus de limite (cf Houellebecq, "soumission")

Emmanuel Mousset a dit…

Chez Nietzsche, ce n'est pas tant le clivage "puissants" contre "petits" que "forts" contre "faibles". En politique (et dans la vie en général), je ne me range pas du côté des "puissants", sinon j'occuperais aujourd'hui un pouvoir quelque part. Mais j'essaie, autant que faire se peut, d'être du côté des "forts", et d'être "fort" moi-même. Etre fort, par exemple, c'est avoir le sens de la vérité et de la fidélité à soi-même. La faiblesse, c'est d'adapter sa pensée aux circonstances, de moduler sans cesse ses positions en vue d'un intérêt mesquin (par exemple, viser un pouvoir uniquement pour soi, sans considération envers aucunes convictions)

Erwan Blesbois a dit…

De toute façon j'ai cru comprendre que tu n'étais pas un partisan de l'assimilation, mais plutôt d'une intégration très soft, ou insertion dans laquelle "l’étranger garde son identité d’origine, ses spécificités culturelles sont reconnues, celles-ci n’étant pas considérées comme un obstacle à son intégration dès lors qu’il respecte les règles et les valeurs de la société d’accueil." Personnellement, comme Zemmour, je suis plus favorable à l'assimilation qui "se définit comme la pleine adhésion par les immigrés aux normes de la société d’accueil, l’expression de leur identité et leurs spécificités socioculturelles d’origine étant cantonnée à la seule sphère privée."

Erwan Blesbois a dit…

Tu es donc totalement opposé au Nietzschéen caricatural des Monty Pytons, dans "Un poisson nommé Wanda", qui ne vise que son intérêt personnel, sans aucune considération envers des convictions.

Emmanuel Mousset a dit…

Je n'ai pas vu le film, mais Nietzsche ne correspond pas en effet à ce portrait. S'il y a un philosophe qui méprisait son intérêt personnel, c'est bien lui.

Erwan Blesbois a dit…

Alexandre le grand aussi était favorable à l'assimilation, plus qu'à l'insertion et au multiculturalisme, il me semble. Pourvu que les barbares adoptent les mœurs et coutumes grecs, Alexandre ne faisait plus de différence entre Grec de souche et Grec assimilé, ce que d'ailleurs n'aimaient pas les Grecs de souche, lui reprochant de leur préférer les barbares fraîchement assimilés (tout cela sent bon l'anachronisme, puisqu'on ne sait plus rien des Grecs, et que j'emploie des termes contemporains pour les qualifier, mais c'est pour rendre plus claire la démonstration). (cf "Alexandre", Oliver Stone). Soyons grecs et français (les plus proches du tempérament grec, selon Nietzsche) et défendons l'idée d'assimilation, plutôt que cette idée barbare et d'origine anglaise, encore une fois ! de multiculturalisme.

Philippe a dit…

à Erwan
non
je suis de la génération de ceux qui, pendant les "événements d'Algérie", défilaient contre la torture en Algérie et donc contre les socialos et "apparentés" et qui à l'indépendance sont allés aider professionnellement sur place.
Cela explique mon irritation quand je lis les héritiers des donneurs d'ordre faire la leçon de morale.
Il est vrai que l'amnésie permettant les postures moralisatrices aide à vivre !

Emmanuel Mousset a dit…

Le mot même d'"assimilation" me hérisse. Je n'aimerais pas qu'on m'"assimile" à qui ou à quoi que ce soit. L'"assimilation", c'est la ruse des "faibles" pour soumettre et châtrer les "forts", la violence de la masse contre l'individu. Que chacun, au contraire, vive sa différence, comme ce Marc dont tu me parles, dont je ne partage pas du tout les idées, mais dont la "différence"
m'intéresse. "Assimilation", "identité", ce vocabulaire néofasciste me révulse. Le "faible", c'est celui qui n'a aucune différence à défendre, qui n'est prêt à aucun combat, qui n'a d'autre recours que de s'aligner sur les autres.

Erwan Blesbois a dit…

Bref tu es pour la "loi de la jungle", le darwinisme social. Laissons tout le monde se développer de manière anarchique, et voyons ce que ça donne. Marc vit dans un état de souffrance et de prostration inouï, justement parce qu'il est différent, et comme il souffre de sa différence, comme il aimerait être "comme les autres". Tu es proche des théories d'Herbert Spencer, et de Jack London, qui se croyait être un surhomme et très fort, son émule.

Emmanuel Mousset a dit…

Erwan, ne parle pas à la place des autres. Mais, en bon "assimilationniste", tu t'appropries leur souffrance, qui n'est probablement que la tienne. Etre "comme les autres", c'est l'horreur, c'est indigne d'un être humain, qui doit au contraire cultiver sa particularité. Même mon chat n'est pas comme les autres chats. Il faut dire qu'avec son maître, il est à bonne école ... Et tout ça n'a rien à voir avec la "loi de la jungle", la pure animalité, que je déteste. La différence invite au respect des différences, pas à leur écrasement.

Philippe a dit…


L'assimilation
On assimile sa nourriture. Dans le cas contraire on meurt.
On assimile les techniques professionnelles sinon on est soit dangereux, soit non performant, et au final sans client et inutile socialement.
Je ne pense pas que notre blogueur confierait sa vie à un pilote …. n'ayant jamais assimilé le pilotage d'un avion !
L'identité
L'identité nous est imposée et nous permet de nous orienter dans la vie.
J'ai vu un film sur le sujet dans lequel le héros oubliait chaque jour qui il était et qui les autres étaient ….
Pourquoi pas déclarer "je hais l'oxygène" qui s'imposant à moi se comporte en fasciste !

Erwan Blesbois a dit…

Oui je suis d'accord il y a des différence de degré entre tous les êtres de la nature, chacun est particulier et non complètement identique à un autre, oui tout est unique. Tous est unique d'accord, mais ne fait pas la caricature de Nietzsche avec les "forts" et les "faibles", c'est une voie sans issue. De plus je suis enseignant en petite classe, là où on apprend aux enfants à vivre ensemble, à gommer leurs différences pour entrer dans un moule commun ; alors que toi tu es prof de philo dont le rôle est de casser le moule, et de faire penser par soi-même. Nos deux métiers complètement différents engendrent des déformations professionnelles. Les plus beau cadeau que l'on puisse faire à un petit enfant c'est de lui dire ; "regarde tu es comme les autres, ne sois pas angoissé par ta différence, car ici il n'y a pas de différences, il y a des enfants tous égaux." La petite école assimile, rend moins libre. Alors que le plus beau cadeau que l'on puisse faire à un adolescent de Terminale, c'est : "regarde tu es unique, tu as ta singularité, tu es différent des autres, affirme ta différence et ta singularité." Le Bac est censé émanciper, rendre plus libre. Pour ce qui est de la souffrance de Marc, fais toi une idée par toi-même en le contactant, je t'y invite. D'ailleurs dans le "couple" amical que je formais avec Marc, c'est plus lui qui voulait m'assimiler, me convertir à ses dogmes, que l'inverse. Mai 68 a fait tout à l'envers, ce mouvement a traité les enfants en adolescents, et plus tard, c'est-à-dire aujourd'hui les adultes abîmés par 68 en enfants, que l'on ne cesse de brimer avec des interdits de toutes sortes, comportementaux, routiers notamment (encore un point où nous sommes en désaccord), et surtout le mépris des chefs, des responsables ; et enfin une situation sociale et économique catastrophique.

F a dit…

"LE" philosophe professeur ou non, est intéressant à suivre, dans la clarté de ses propos pertinents dès lors qu'il ne s'agit pas de politique, une sorte de brillant Docteur Jekyll...
"LE" béni-oui-oui encarté qui se croit socialiste, est illisible, incompréhensible, dans sa façon docile de se soumettre aux ordres de ses lumières quand il s'agit de politique, une sorte de ténébreux Mister Hyde...
C'est pénible d'essayer de faire la liaison entre les deux personnalités composant l'auteur de ce pourtant intéressant blogue...

Emmanuel Mousset a dit…

Docteur Jekyll et Mister Hyde, c'est de la littérature (fantastique). Dans la vie réelle, nous sommes un. Quant à la politique, je crois que vous n'aimez pas mes prises de position tout simplement parce que vous n'êtes pas socialiste. Pourquoi ne pas l'assumer ?

F a dit…

Si on ne se sent pas communiste, si on n'est ni centriste ni de droite et encore moins extrémiste que ce soit de droite, que ce soit de gauche, (l'écologie étant transversale), il reste quoi pour se définir ?
Socialiste...
Et pourtant si on ne peut pas partager votre indéfectible admiration pour les idées et les actes politiques de Macron, de Valls ou de Strauss-Kahn, que reste t-il...
Moralité : il y a donc plusieurs socialismes...

Erwan Blesbois a dit…

Le principe de la république en France, un principe un peu réducteur est "la république est un et indivisible". Au nom de ce principe, l'école a assimilé en France pendant plus d'un siècle. Dans mon petit cas personnel cela a abouti à la "mort" par exemple du village de ma grand-mère. Pourquoi "mort", parce qu'il y a encore quelques années tout le monde y parlait breton, et vivait selon un mode christiano-païen, puisque la religion chrétienne n'a jamais complètement réussi à abolir les rites païen hérités d'un âge pré-chrétien, donc très ancien, dans mon cas avant la naissance du Christ, et donc celte ou gaulois. Or ce mode de vie bimillénaire a disparu avec l'assimilation imposée par l'école de la république qui inscrivait partout "ici on ne parle pas breton et on ne crache pas". Moi j'ai perdu ma langue bretonne, je ne la parle ni la comprend, ma mère la comprend mais ne la parle plus, mes grands-parents la parlaient, et en vivaient ; car une langue fait vivre un peuple. Alors ne vient pas me donner des leçons sur l'assimilation, dans mon cas c'est trop tard le mal est fait. On veut faire différemment avec les musulmans, en les laissant développer leur richesse idiosyncrasique. Soit, mais alors on les conforte dans l'idée qu'ils sont une aristocratie, avec des droits au-dessus des autres citoyens. Et ils ne cesseront d'en revendiquer toujours plus de droits au nom de leur singularité et de leur différence. Et même quand les plus radicalisés d'entre eux, les islamistes ou djihadistes commettent des attentats et font des centaines de morts, on leur trouve finalement des excuses. Ton diagnostic est vicieux, pervers : le djihadisme, c'est la faute à l'assimilation ; le terrorisme, c'est la faute à l'école et au manque de perspectives. Tu dédouanes les islamistes de toute responsabilité. Tu les encourages même à poursuivre, puisque ce sont des "victimes", n'est-ce pas ?

Emmanuel Mousset a dit…

Bin voyons, je suis du côté des terroristes ! Erwan, tu commences très mal ton dimanche. Sors un peu, fais du sport ou va à la messe.

Erwan Blesbois a dit…

L'assimilation est désormais le seul mode de résistance à la vision la plus libérale de la mondialisation, il faut donc protéger ce modèle, comme le fait Zemmour. Tu ne cesse de maudire et critiquer la classe moyenne, avec tous ses névrose, son hypocrisie, sa médiocrité. Mais tous ces maux ne sont-ils pas le fruit de l'assimilation, qui a détruit toutes les richesses singulières et particulières de la France. Et ce qu'on a imposé à des générations de Français, tu ne veux pas l'imposer à tes musulmans ou autres peuples particuliers au sein de la nation, et donc tu veux leur mettre dans la tête des droits et des privilèges particuliers, tu est fidèle en cela et accompagne l'œuvre de ces quarante années qui, depuis la mort du général de Gaulle, ont "défait la France".

Emmanuel Mousset a dit…

Ah ! c'était tellement mieux du temps du général. La France conduite par un militaire, notre peuple en a toujours rêvé ...

Erwan Blesbois a dit…

C'est bien ce que je pensais, tu fais bien partie de la chienlit que dénonçait le général, on peut d'ailleurs s'en faire une idée en lisant "l’œil de Mousset".