jeudi 15 décembre 2016

Primaire puante



Nous connaitrons aujourd'hui le nombre de candidats à la primaire du Parti socialiste en vue de l'élection présidentielle. La campagne n'est pas encore commencée qu'elle commence très mal ! Vincent Peillon est accusé de n'avoir pas réglé 20 000 euros de cotisations à son Parti, et Arnaud Montebourg 80 000 euros. Ce parallélisme ne peut pas être une coïncidence ! On assiste à un règlement de comptes (c'est malheureusement le cas de le dire). Donner une telle image de la primaire de gauche est lamentable, désastreux, irresponsable.

Ces révélations à la presse nationale ne peuvent être que le fait de socialistes, seuls à avoir accès à ces informations. Ne comprennent-ils pas qu'ils se nuisent à eux-mêmes en agissant de la sorte ? Il y a quelque chose de suicidaire, d'autodestructeur dans ce genre de comportement. Comme si le Parti socialiste ne croyait plus en la victoire, préparait dès maintenant le congrès qui suivra la défaite et ne se souciait plus que de la future direction du Parti.

Mais ce que l'opinion publique retiendra, c'est que des figures du PS ne respectent pas ses règles, lui doivent des sommes très élevées. C'est toute la politique qui est ainsi ternie. Pourtant, la vérité n'est pas celle-là. Peillon a un retard de deux ans, ce qui est banal et nullement répréhensible : il est fréquent chez les socialistes, adhérents ou élus, de régulariser au moment du vote ou de l'acte de candidature. Montebourg a un différend ancien avec sa fédération sur le barème de sa cotisation. Pourquoi faire ressortir cette affaire maintenant ? D'autant qu'elle ne l'a pas empêché d'être candidat la dernière fois.

En vérité, ces basses œuvres sont minables et méprisables. Dans chaque fédération du Parti socialiste, il y a des problèmes de cotisations d'élus, qui traînent longtemps, dont on ne se souvient plus du début, dont on ne voit pas la fin, qui tournent vite à l'histoire de cornecul et qui servent de prétexte au moment d'une élection, quand il y a rivalité pour le pouvoir et que tous les coups sont bons, surtout les mauvais coups. Quand ce n'est pas l'argent, c'est le sexe. C'est vieux comme le monde, me direz-vous. Oui, je sais, mais ce n'est pas une raison, en particulier quand on se dit de gauche et qu'on a pour intention de changer le monde. Il faudrait peut-être commencer par soi-même ...

Arnaud Montebourg a condamné la "malveillance". C'est le moins qu'on puisse dire. Vincent Peillon a dénoncé les "boules puantes", un mauvais gag de sales garnements. Attention, ce genre d'odeur est persistante et risque d'empuantir toute la primaire. Le partisan d'Emmanuel Macron que je suis pourrait cyniquement s'en réjouir. Mais si je rejette le cynisme, ce n'est pas pour m'y adonner à mon tour ! Non, l'inquiétude, c'est de voir un grand parti de gouvernement, encore au pouvoir, se fracturer, oublier les convictions pour les contentieux.

Au soir du premier tour de l'élection présidentielle, il faudra que le candidat progressiste arrivé en tête soit en capacité de rassembler tous les progressistes, pour les amener à la victoire. Actuellement, celui qui est en situation de réaliser ce rassemblement, parce qu'il arrive en premier dans tous les sondages, parce qu'il a la dynamique collective pour lui, c'est Emmanuel Macron. Pour rassembler et pour gagner, il ne faut pas que se créent aujourd'hui des divisions irréparables, demain insolubles. Il faut rassembler et avoir un moral de gagnant, dès maintenant.

Certes, le Parti socialiste est multiple. On trouve en son sein des archaïques, qui se contentent d'être une force d'opposition, des conservateurs, qui ne souhaitent pas remettre en question les fondamentaux du socialisme, d'authentiques progressistes, qui veulent épouser les mouvements de la société. Ce sont eux, et tous les hommes et femmes de bonne volonté, qu'En Marche devra accueillir, qu'Emmanuel Macron devra rassembler, dans la perspective de la victoire.

7 commentaires:

Maxime Lépine a dit…

Je me réjouis d'avance de la disparition prochaine de ce lamentable PS...

O a dit…

"voir un grand parti de gouvernement, encore au pouvoir", c'est ce que vous dites.
Mais grâce à quoi ?
A un système qui méprise la proportionnalité.
Ce "grand" parti de gouvernement comme l'autre "grand" parti de gouvernement ne doivent leur grandeur qu'à la loi.
Les électeurs ne les ont jamais définis tels.
Aucun parti en France n'est un "grand" parti de gouvernement.
Quand en reviendra t'on à l'union nationale de tous les partis désirant oeuvrer au gouvernement de notre état ?

Philippe a dit…

C'est puant dans toutes les directions ....
Pour nous "non cartés" ... la primaire sera de fait le premier tour de l'élection présidentielle et englobe donc Mélenchon Macron et celui qui va sortir du chapeau.
Les bisounours !!! Réveillez-vous !
Posez-vous les bonnes questions autour de Macron !
En dehors de sa volonté de tondre le peu qui reste à tondre dans la désormais, de ce que l’on a appelé la « classe moyenne » aujourd’hui agonisante, ……. avec sa CSG …….
Reparlons et reparlons de l’industrie de l’évasion fiscale ……….. c’est à dire des « potes à Macron ».
Quelles sont les actions que E.Macron a vraiment la volonté de promouvoir à l’échelle nationale et internationale contre ses amis ?

Emmanuel Mousset a dit…

1- Un grand parti qui meurt, c'est un peu de démocratie qui s'en va.

2- Je ne crois pas à "l'union nationale", fourre-tout, mais aux "majorités d'idées", qui peuvent transcender les clivages.

3- Tenir des propos diffamatoires ne fait pas avancer le débat politique.

Philippe a dit…

"3- Tenir des propos diffamatoires ne fait pas avancer le débat politique."
Que va-t-il faire à la City ?
Mitterrand ne parlait-il pas de l'argent que l'on gagne en dormant ?
La génération Mitterrand aurait-elle oublié les paroles du "Maître" ?
Bizarre vous avez dit ... etc. ....

Maxime Lépine a dit…

Je n'ai jamais considéré le parti socialiste comme un "grand parti" donc je ne considère pas sa mort comme une perte.

U a dit…

2- Je ne crois pas à "l'union nationale", fourre-tout, mais aux "majorités d'idées", qui peuvent transcender les clivages.
Assertion à argumenter parce que l'un des contraires serait que vous croyez à la désunion nationale...
Il est vrai que bien des fois vous avez déjà signifié votre farouche opposition au nationalisme.
On vous a titillé sur le patriotisme mais votre réponse a dû m'échapper...
Croyez-vous alors a fortiori à "l'union internationale" à défaut de l'union nationale ?
Vous, internationaliste, mondialiste, universaliste...
Allons jusqu'au bout, libéraliste.
C'est bien votre droit...