samedi 31 décembre 2016

Passez votre réveillon avec Macron



Emmanuel Macron a le vent en poupe. Les sondages le portent, la dynamique est là. Il faut l'intensifier. Le soufflé ne doit pas retomber. Rentabilisez votre réveillon, faites-en une occasion pour macroniser vos invités ou vos hôtes. C'est ce qu'on appelle, à En Marche ! où nous avons reçu des consignes pour le Jour de l'An, de la "micropolitique". Attention : pas question de se comporter en militant lourdingue, chiant et contre-productif. Mais il est possible de faire mentir l'adage qui veut qu'on ne parle pas de politique en famille ou entre amis ce soir-là, pour ne pas s'engueuler.

Le macronien est ouvert, tolérant, à l'écoute. Il n'impose pas ses idées, lance l'appât, laisse venir et ferre au bon moment. Le tonton qui vote FN, il faut le laisser parler, jusqu'au moment où l'on pourra retourner ses "arguments" et l'amener tout doucement de notre côté. Même tactique avec le petit cousin qui ne jure que par Mélenchon. Mais la masse des convives est indifférente. Il n'empêche qu'elle en viendra à la politique, en cours de soirée, lorsque les autres sujets auront été épuisés et que dire du mal des absents aura lassé. Pour lancer la conversation, annoncez, dans un clin d'œil, que vous êtes "en marche" : tout le monde rira et tout le monde comprendra.

Bien sûr, au début, il ne faut pas s'attendre à un niveau élevé de discussion : de Macron, on vous parlera de Brigitte et de leur écart d'âge, ou bien de ses cris en fin de meeting. Préparez votre plan de soirée, distillez quelques idées accrocheuses que la table retiendra. Evitez les polémiques idéologiques qui ne débouchent sur rien (Macron, libéral ou pas ?) ; les gens veulent du concret, du précis. Votre objectif : cinq idées à faire passer. Je vous propose l'organisation suivante :

Entre l'apéritif et les huitres, abordez les 1 500 euros supplémentaires, chaque année, pour un couple de smicards, après suppression de leurs cotisations chômage et maladie. Quand vient le boudin blanc aux pommes cuites, glissez la modulation du temps de travail par la négociation dans les branches et les entreprises, avec maintien des 35 heures légales là où il n'y a pas accord. Au moment du chapon, avancez la division par 2 de toutes les classes de CP en ZEP. La bûche est l'occasion de rappeler qu'aucun déremboursement de soins santé ne sera pratiqué, pour marquer la différence avec le candidat de la droite. Au champagne, introduisez l'élargissement des indemnités chômage à tous ceux qui aujourd'hui n'en bénéficient pas.

Vous voilà prêt pour les douze coups de minuit, le terrain est désormais favorable grâce à votre travail : bonne année, bonne santé, Macron président en mai ! C'est bref, léger, fun. Il faut être pétillant comme les bulles que vous absorbez, comme le regard et le sourire d'Emmanuel Macron.

Le grand jeu n'est pas terminé. A l'instant où vos amis partent, à moins que ce ne soit vous qui les quittiez, au milieu de la nuit ou au petit matin, n'oubliez pas les cadeaux. Oui, distribués à la fin, c'est plus marquant qu'au début. Trois produits au choix : le T-shirt, la tasse ou le sac, imprimés En Marche ! et si possible personnalisés. C'est une petite attention qui fait chaud au cœur. Ainsi votre réveillon sera-t-il réussi, sur le plan militant. Si vous êtes une trentaine, estimez-vous heureux que 5 ou 6 aient pu être sensibilisés à vos propos et se demandent s'ils ne vont pas finalement voter Macron. Le but aura été atteint et la soirée réussie. A vous de jouer, maintenant !

14 commentaires:

Maxime Lépine a dit…

Mais en fait c'est un sale gauchiste ce Macron! Beurk vous me couperiez l'appétit avec un programme pareil...

Emmanuel Mousset a dit…

Maxime, tu n'aimes pas les huitres, le boudin blanc, le chapon, la bûche, le champagne ?

Anonyme a dit…

Le problème de base de Macron est qu'il se positionne sur un créneau de moins en moins porteur, celui d'une "modernité" qui n'est en fait qu'une résucée d'idées (libéralisme économique) et de techniques de communication (à la Kennedy) vieilles comme Lecanuet et VGE. Pas étonnant qu'il soit populaire auprès des retraités. On peut même dire qu'il est décalé par rapport à l'époque. Qui est plutôt dans un désir de retour à un âge d'or fantasmé, un passé idéalisé: Brexit, Trump, Poutine, Erdogan, Islam... Désir dont on peut penser ce qu'on veut mais qui fait du moderne autoproclamé Macron un ringard.

Emmanuel Mousset a dit…

Contrairement à ce que vous prétendez, En Marche ! recrute surtout chez les jeunes. D'ailleurs, peu importe : le suffrage universel ne se débite pas par tranches d'âge.

Anonyme a dit…

En réalité c’est très simple : l’alternative est entre le candidat du système quel qu’il soit (Fillon, Macron, Valls ou Mélenchon. Si on focalise sur Macron, ce n'est qu'un technocrate. De plus, il a le charisme d'une huitre. Il est pro libre-échange, pro Europe fédérale, en somme tout ce qui fait chuter notre pays. Cet euro-mondialiste ne propose rien de novateur.)
et candidat hors-système (M. Le Pen).
Le premier fera exactement la même politique que celle de Chirac, Sarkozy et Hollande : liquidation de l’identité et de l’indépendance nationale, immigration de remplacement, financiarisation de l’économie, etc. L’autre, si elle est élue, essaiera (je l’espère en tout cas) d’éviter le naufrage programmé de notre pays.
Je ne suis pas trop optimiste : la stupidité absolue des gens et la soumission servile aux médias sont encore trop importants. Je crains qu’on hérite de Fillon au bout du compte, espèce de Hollande-bis qui gérera la « décadence tranquille ».

Emmanuel Mousset a dit…

Le Pen est tout autant la candidate du système que les autres, créature des médias, nantie de la politique, candidate au pouvoir et richissime. Il n'y a que les anarchistes qui soient rigoureusement "hors-système". Disons seulement de Le Pen qu'elle est "hors-morale", puisqu'elle pratique ce que notre société condamne : la xénophobie.

Philippe a dit…

1-En effet, personne ne peut être hors système, cela voudrait dire être humain hors humanité … une plaisanterie ! Chez les anarchistes comme chez les PS, comme chez les Macron il y a une hiérarchie et un ou des chefs de meute … comme chez les loups …
Macron est un chef de meute qui va à la soupe de la City, comme d’autres vont à celle de Moscou ou de Washington, les « partis de l’étranger » ont toujours eu beaucoup d’importance dans notre histoire de France. Pour Macron c’est plutôt le Veau d’Or que l’étranger … une nouveauté … la seule.
Regardons nous de l’extérieur comme sujet scientifique d’observation = tous à la recherche de chefs de meutes … et tous de suivre en aboyant sur le net ou dans la rue… enfin quand il fait beau !
2-MLP … richissime … JMLP n’est même pas Trump le « petit » milliardaire ! Par ailleurs le vieux JMLP tient le fric … attendons que tous les héritiers passent devant le notaire pour affirmer que Marine LP est « richissime ».
Je propose à E.M. d’écouter à nouveau « l’héritage » de Félix Leclerc : la fin « Rage au cœur, Couteaux tirés, C'est la vieille qui a gagné ! » la vieille sera remplacé par le VIEUX.
3-Les humains se racontent ou fantasment à jets continus des histoires abracadabrantesques … sur les autres et hélas surtout sur eux-mêmes (Chirac a au moins ressuscité ce mot oublié)

Erwan Blesbois a dit…

Et toi, tu te définirais comme le "justicier" de la société, donc de la "morale commune" contre l'affreuse Le Pen ? Tintin, Batman ou Zorro ? Mais penses-tu qu'il y a encore une morale commune dans une société convertie aux valeurs de l'ultra libéralisme, et où les gens dans leurs rapports entre eux ne manifestent plus la moindre "décence commune", pour reprendre une expression d'Orwell ? Personnellement concernant les "autres", au fond je m'en fout, comme tout le monde. Mauvais calcul d'ailleurs, car si tous mes compatriotes étaient contaminés par la peste je le serais aussi un jour ou l'autre. D'autre part la "peste" idéologique du libéralisme et sa propagande publicitaire en premier lieu, commencent aussi à contaminer la planète entière au niveau de l'environnement. Attendons-nous à des catastrophes climatiques de plus en plus fréquentes, car il est hors de question pour chacun de nous pris séparément, de remettre en question d'un iota son "sacro-saint mode de vie".
Mais là où cela m'embête le plus, c'est quand je constate la "contamination" au sein de ma propre famille, où les gens ne se parlent plus, et se comportent désormais comme des "seigneurs", mais de l'époque du Moyen-Age, avec de grosses "armures idéologiques" pour se défendre de leur prochain au sein même d'une société dite "ouverte" (Karl Popper). Comme des "seigneurs" ("saigneurs" du fondement anthropologique humain et de la planète en réalité), quand ils ont ce que Bourdieu appelait le "capital symbolique" qui leur permet de faire valoir toute leur vanité et leurs prétentions narcissiques.
Mais reconnaissons que ce sont ceux qui ont le capital financier et qui sont le plus souvent liés à ceux qui détiennent le capital symbolique, (ces derniers leur apportant la caution morale à leurs actes de destruction), reconnaissons donc que ce sont ceux qui ont le capital financier qui sont dans un passage à l'acte d'un processus de dépersonnalisation et de destruction des individus, mais également dans un schéma de destruction de la planète entière au nom du profit. Ceux qui ont le capital symbolique sont un peu les prêtres de la société sous le règne de l'économie de marché, et ceux qui ont le capital financier en sont les seigneurs guerriers (pour reprendre une image emprunté au Moyen-Age). Pour ma part je préfère dire les "saigneurs" (dont les "simples gens" et la planète, sont les victimes).
Deuxième alternative dans ma famille notamment, les gens ont été démolis par les valeurs libérales d'individualisme et d'égoïsme que la société nous impose d'en haut : c'est évidemment le cas le plus fréquent, car la "réussite" est l'exception et suppose forcément le sacrifice d'un tiers, le plus généralement des parents qui en retirent une gratification narcissique...

Erwan Blesbois a dit…

...Je tiens à ajouter que la société ne tiendra plus longtemps avec de pures valeurs d'égoïsme et d'individualisme pour la soutenir, malgré le "calcul" de nos théoriciens libéraux (les Minc, et les Attali, mais il y en a tellement d'autres... en général la majorité de ceux qui détiennent le "capital symbolique", et qui sont dans une démarche de servitude volontaire, et de pétainisme idéologique, face aux valeurs de l'économie de marché) du "cercle de la raison". Ces derniers naïvement ou cyniquement (pour réussir aujourd'hui, en période de compétition globalisée, il vaut mieux être cynique que naïf), font confiance à "la main invisible" pour retirer des vices particuliers de chacun mis bout à bout, une forme de bénéfice et de gratification idéologique et purement théorique, car vérifiée nulle part, résidant dans une vertu collective à l'échelle mondiale, et donc selon eux in fine, résidant dans le "bonheur des peuples" (qui n'existe en réalité nulle part aujourd'hui, alors qu'hier davantage...).
Ou encore troisième alternative dans ma famille, les gens se comportent moralement comme des "prostitués," qui ne donnent leurs attentions qu'à ceux qui représentent le pouvoir, quelle que soit sa manifestation ou son expression.
Quelle que soit la façon dont on retourne le problème, il faut le dire, le répéter, le marteler... Non le vice individuel, l'égoïsme et l'individualisme de chacun mis bout à bout, n'aboutira jamais à une prospérité collective apte à assurer le bonheur des peuples. Puisque aujourd'hui la prospérité financière n'est même pas redistribuée, mais ne profite qu'aux plus riches qui s'enrichissent outrageusement (les 62 personnes les plus riches détiennent autant de richesses que la moitié la moins riche de la population mondiale). Ensuite parce qu'un vice à l'échelle individuelle comme l'égoïsme, resterait un vice même si il aboutissait à un enrichissement collectif. Car une tare morale reste une tare morale, et cette tare aujourd'hui submerge le monde de ses méfaits. Ce n'est pas la prospérité, ni même l'immigration qui nous submerge en réalité, mais c'est notre propre égoïsme individuel mis bout à bout à l'échelle du globe...

Erwan Blesbois a dit…

...La réforme des consciences nécessaire, doit avoir au contraire pour racine chaque individu c'est-à-dire chacun de nous, qui doit se faire plus solidaire avec son prochain, penser plus "collectif", si nous voulons "changer le monde", et en réalité bien plus modestement si nous voulons que le monde ne disparaisse pas. Sous les coups d'une part du changement de paradigme anthropologique qui consiste en une dépersonnalisation collective des êtres humains, par des conditions de travail de plus en plus inhumaines (dont le conflit autour de la plateforme Uber, constitue un bon exemple). D'autre part pour que le monde ne disparaisse pas sous les coups des dérèglements climatiques, dont nous voyons aujourd'hui les prémisses, mais qui seront bientôt non maîtrisables.
Si nous voulons que les choses changent, car nous en mesurons désormais l'urgente nécessité, nous devons changer tous et collectivement, mis bout à bout individuellement. Mais comment un tel miracle serait susceptible de s'opérer ?
Je laisse la question en suspens, et je recherche des solutions pour moi-même que je ne suis même pas sûr d'avoir trouvées, avant de faire la leçon aux autres ; mais il est évident que cela doit commencer par une rupture radicale et définitive avec les valeurs imposées d'en haut par le libéralisme. Car ce ne sont tout simplement pas des valeurs démocratiques (c'est-à-dire ayant pour racine un fondement anthropologique, reposant sur des émotions de liberté, d'égalité ou de fraternité réellement ressenties), mais aujourd'hui pré-totalitaires et demain complètement totalitaires, avec le consentement des peuples à leur servitude volontaire.
L'égoïsme n'est pas la base de la nature humaine. C'est une erreur de raisonnement des premiers penseurs libéraux, qui nous a conduit à la situation aporétique dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui. Les penseurs des "véritables" Lumières (en excluant Adam Smith, ses précurseurs et ses héritiers) avaient raison, la base de la nature humaine se trouve dans des émotions de liberté, d'égalité et de fraternité, réellement, c'est-à-dire démocratiquement ressenties pour qu'elle trouve à s'épanouir.

Anonyme a dit…

c'est quand même un bonheur que nous n'ayons pas réveillonné ensemble!!!

Emmanuel Mousset a dit…

Vous y auriez pourtant beaucoup gagné. Mais les gens ne connaissent pas leur bonheur.

Philippe a dit…

Ce Mr Macron cache énormèment de choses.
Je le répète : où trouve-t-il son fric, il faut des millions d'euros !!!!!!!!
ici les bonnes questions:
http://metamag.fr/2017/01/02/emmanuel-macron-entre-lapsus-et-secrets/

C a dit…

Comme en 1968 on jetait des pavés en criant "élections, pièges à c..." aujourd'hui, on pourrait éventuellement versifier autrement avec quelque chose comme "Macron, piège à c..." !