De quoi parlent, au coeur de l'été, celles et ceux, comme moi, qui restent à Saint-Quentin ? De la pluie et du beau temps (de la pluie surtout), de chiens et de chats (de chats surtout). Qu'on cause climat, c'est connu. Mais que viennent faire ici nos amis les bêtes ? Une petite polémique court depuis quelques jours, lancée par l'association Saint-Quentin Félins en direction de la municipalité. La blogosphère locale s'en est aussi mêlée. A quoi vous pouvez ajouter les soubresauts au sein de la SPA locale ...
Je retiendrais le débat autour des chats. Si je n'aime pas trop les animaux, j'adore les chats, comme le faisaient les anciens Egyptiens, civilisation hautement développée. Et je n'apprécie pas qu'on attaque ces charmants animaux, dont je veux être l'avocat, le temps d'un billet. Car le chat est le meilleur compagnon et la plus noble conquête de l'homme, bien au-dessus du cheval, du chien et du poisson rouge.
Pourtant, le chat est l'animal qui a subi le plus de persécutions dans le passé : au Moyen Age, l'Eglise le grillait vif, l'accusant d'être une créature du diable. D'autres espèces ont bien sûr souffert d'exploitation, l'âne, le cheval, le boeuf par exemple. Mais seul le chat a été visé par un plan d'extermination, non pas pour des raisons d'utilité, seulement pour des motifs idéologiques (certains insectes sont eux-aussi massacrés, mais par nécessité).
Encore aujourd'hui, des esprits chagrins dénoncent les chats, font circuler sur leur compte des préjugés, notamment cette légende des "chats errants" qui "prolifèrent" et entraînent de nombreuses "nuisances". Mensonges et fantasmes ! "Chat errant", l'expression est contradictoire : le chat est très organisé, il choisit , délimite et contrôle un territoire aux limites très précises, à la superficie plus ou moins grande. Mais pas d'errance, pas de vagabondage chez les chats, qui ne s'égarent jamais, retrouvent très vite leur chemin et leur domaine.
En vérité, ce que les esprits bourgeois ne supportent pas chez le chat, c'est son sens inné de la liberté, son instinct rebelle, son refus de la propriété, qui le font s'installer là où il a envie et d'y faire ce qu'il désire : c'est le plus libéré, et même le plus libertaire de tous les animaux. Politiquement, le chat, très indépendant, est plutôt de gauche alors que le chien, qui ne peut pas vivre sans un maître, est assurément de droite.
Et puis, quelle intelligence, quelle sensibilité ! Le chat est moralement un exemple à suivre. Quand j'observe le mien en train de dormir (et il pionce souvent, le bougre !), je me dis que j'ai devant moi l'être le plus heureux au monde, avec sans doute la vache dans son pré. Et quelle personnalité, complète et complexe ! Ma bête est à la fois un paresseux, un hédoniste, et un chasseur, un joueur.
Sa cruauté est une autre légende : le chat est un mélange de ruse et de pulsion, qui ne fait que suivre la loi de son espèce, pas plus méchant que bien des animaux, beaucoup moins d'ailleurs, puisque chez lui le jeu, marque de supériorité, l'emporte sur la guerre. Si le féroce lion est le roi de la jungle, le doux chat est le roi de nos toits, jardins et maisons, et c'est très bien ainsi.
Des âmes charitables acceptent de leur faire l'aumône de quelques viandes ou croquettes, allant jusqu'à leur construire un petit abri dans les recoins discrets de la voie publique. Je connais deux de ces modestes asiles dans mon quartier, je suis ému par l'intention et le geste. Pourquoi s'en offusquer ?
Ces aménagements sont rares dans Saint-Quentin , autant que peut l'être la vraie générosité, celle qui n'attend pas de réciprocité. Il n'y a tout de même pas péril en la demeure ni feu au lac. Faut-il qu'on les déteste pour les assimiler abusivement à de dangereux envahisseurs ! Je vois dans cette peur une résurgence de l'ancestrale superstition qui frappe les chats.
Je pourrais prolonger mon éloge du minou, vous parler de sa beauté sauvage, de sa fourrure soyeuse, de son élégance naturelle et de bien d'autres qualités ... Je veux seulement vous convaincre de regarder avec tolérance les chats, eux qui ne cessent de nous scruter de leurs yeux mystérieux, attentifs, affectueux et bienveillants à l'égard des hommes.
jeudi 4 août 2011
mercredi 3 août 2011
Patrice Thétier.
Un dernier hommage sera rendu à Patrice (voir billet d'hier) vendredi à 10h30, à la chambre funéraire, 68 boulevard Cordier à Saint-Quentin.
Où sont-ils donc ?
Pas facile en août de remplir les pages de la presse locale : les associations font leur fermeture annuelle, les conflits sociaux sont en veilleuse et Xavier Bertrand est en Corse. De quoi parler, à part les faits divers, qui n'ont jamais été aussi divers que pendant l'été ? L'Aisne Nouvelle a eu une bonne idée : "trois heures en observation" dans Saint-Quentin, quelque part, et voir ce qui se passe, même là où en apparence rien ne se passe.
Le Courrier Picard a eu une autre bonne idée : se demander ce que sont devenus certains personnages publics d'il y a quelques années, en l'occurrence les conseillers municipaux de gauche de la précédente mandature, avant 2008. Réponse dans l'édition de vendredi, avec probablement quelques surprises.
En attendant, je me suis moi aussi posé la question, fredonnant avec Charles Trenet : Où sont-ils donc ? Ils étaient cinq à ferrailler contre la droite d'alors, qui était à peu près celle d'aujourd'hui, tandis que la gauche a changé du tout au tout, hommes, alliances, ligne politique. Il y avait Alix Suchecki, la communiste, très respectée par le maire Pierre André, ancienne maire-adjointe chargée des finances sous Le Meur, intervenant toujours à bon escient, avec la compétence qui était la sienne.
Odette Grzegrzulka, bien que sévèrement battue aux municipales de 2001, gardait son autorité de députée socialiste, la première de la circonscription depuis bien longtemps, ayant défait Charles Baur en 1997. Jean-Louis Cabanes et Martine Bonvicini étaient ses fidèles lieutenants. Régis Chevalier, le cinquième de l'opposition, a très peu siégé en conseil municipal, étant aussi directeur général des services à la mairie de Gauchy.
Ce que je retiendrais de cette opposition, dont j'ai assisté à la plupart des faits d'armes en conseil municipal, c'était d'abord son expérience assez solide de la gestion d'une ville, de par l'itinéraire personnel de ses élus. Ensuite, ses interventions demeuraient mesurées, y compris et surtout chez la conseillère communiste. Rien à voir avec la critique systématique et frontale de l'opposition actuelle, inévitablement marquée par l'extrême gauche.
En même temps, l'opposition d'alors était beaucoup plus dans son rôle de représentation que la présente, virulente en séance mais "discrète" à l'extérieur. Là aussi, la culture personnelle de ses deux leaders, Grzegrzulka et Suchecki, n'y était pas pour rien, l'une et l'autre ayant au préalable exercé des mandats de premier plan et des postes à responsabilité.
Enfin, l'attitude de la droite était tout autre, frappée d'une sorte de respect et de considération, même si les débats étaient extrêmement vifs, mais sans l'ironie, les sarcasmes, les mises en cause personnelles et parfois les humiliations que subit l'opposition d'aujourd'hui.
Où sont-ils donc, maintenant, les cinq ? Alix est à Saint-Quentin mais n'a plus de rôle politique. Régis est resté ce qu'il était, à Gauchy. Jean-Louis est passé secrétaire de section dans le sud de la France. Martine a quitté notre ville. Odette est devenue, un temps, écologiste. Du moins pour ce que j'en sais.
Je n'ai aucune nostalgie de cette époque. La gauche avait ses points forts, mais aussi ses faiblesses, comme aujourd'hui. Comparaison n'est pas raison. Ce qui est certain, c'est que je me sentais plus proche, en matière de ligne politique, de l'opposition d'alors que de celle d'aujourd'hui. Et mon souhait le plus cher, ce serait d'être en adéquation totale avec celle de demain, encore mieux si elle devenait majoritaire ! Car les élus d'aujourd'hui, où seront-ils donc dans dix ans ?
Le Courrier Picard a eu une autre bonne idée : se demander ce que sont devenus certains personnages publics d'il y a quelques années, en l'occurrence les conseillers municipaux de gauche de la précédente mandature, avant 2008. Réponse dans l'édition de vendredi, avec probablement quelques surprises.
En attendant, je me suis moi aussi posé la question, fredonnant avec Charles Trenet : Où sont-ils donc ? Ils étaient cinq à ferrailler contre la droite d'alors, qui était à peu près celle d'aujourd'hui, tandis que la gauche a changé du tout au tout, hommes, alliances, ligne politique. Il y avait Alix Suchecki, la communiste, très respectée par le maire Pierre André, ancienne maire-adjointe chargée des finances sous Le Meur, intervenant toujours à bon escient, avec la compétence qui était la sienne.
Odette Grzegrzulka, bien que sévèrement battue aux municipales de 2001, gardait son autorité de députée socialiste, la première de la circonscription depuis bien longtemps, ayant défait Charles Baur en 1997. Jean-Louis Cabanes et Martine Bonvicini étaient ses fidèles lieutenants. Régis Chevalier, le cinquième de l'opposition, a très peu siégé en conseil municipal, étant aussi directeur général des services à la mairie de Gauchy.
Ce que je retiendrais de cette opposition, dont j'ai assisté à la plupart des faits d'armes en conseil municipal, c'était d'abord son expérience assez solide de la gestion d'une ville, de par l'itinéraire personnel de ses élus. Ensuite, ses interventions demeuraient mesurées, y compris et surtout chez la conseillère communiste. Rien à voir avec la critique systématique et frontale de l'opposition actuelle, inévitablement marquée par l'extrême gauche.
En même temps, l'opposition d'alors était beaucoup plus dans son rôle de représentation que la présente, virulente en séance mais "discrète" à l'extérieur. Là aussi, la culture personnelle de ses deux leaders, Grzegrzulka et Suchecki, n'y était pas pour rien, l'une et l'autre ayant au préalable exercé des mandats de premier plan et des postes à responsabilité.
Enfin, l'attitude de la droite était tout autre, frappée d'une sorte de respect et de considération, même si les débats étaient extrêmement vifs, mais sans l'ironie, les sarcasmes, les mises en cause personnelles et parfois les humiliations que subit l'opposition d'aujourd'hui.
Où sont-ils donc, maintenant, les cinq ? Alix est à Saint-Quentin mais n'a plus de rôle politique. Régis est resté ce qu'il était, à Gauchy. Jean-Louis est passé secrétaire de section dans le sud de la France. Martine a quitté notre ville. Odette est devenue, un temps, écologiste. Du moins pour ce que j'en sais.
Je n'ai aucune nostalgie de cette époque. La gauche avait ses points forts, mais aussi ses faiblesses, comme aujourd'hui. Comparaison n'est pas raison. Ce qui est certain, c'est que je me sentais plus proche, en matière de ligne politique, de l'opposition d'alors que de celle d'aujourd'hui. Et mon souhait le plus cher, ce serait d'être en adéquation totale avec celle de demain, encore mieux si elle devenait majoritaire ! Car les élus d'aujourd'hui, où seront-ils donc dans dix ans ?
mardi 2 août 2011
Un homme de gauche.
Quand un homme public meurt, quelques mots nous viennent à l'esprit pour le décrire, une sorte d'épitaphe qu'on se fait dans la tête. De Patrice Thétier, disparu dimanche dernier, je dirais de lui, pour ce que j'en sais, qu'il était un homme de gauche, au sens fort du terme. Chacun aura à cette heure ses souvenirs, qui ne seront bien sûr pas les mêmes. Pour moi, il m'en restera ce beau titre, qui n'est pas une vulgaire étiquette : un homme de gauche, authentiquement, profondément, oui, voilà ce qu'il était, voilà ce que je retiens de lui.
De gauche, Patrice Thétier l'était par son engagement syndical à SUD, ne manquant pas une seule manif (la dernière où nous nous sommes rencontrés, c'était sur les retraites). La première où j'ai fait sa connaissance était un peu particulière, il y a quelques années, devant l'entrée de l'hôpital de Saint-Quentin où il travaillait, dans une mobilisation, une sorte de sit in contre le parking payant. C'était l'époque du premier comité, constitué par les organisations syndicales, avant qu'il ne soit remplacé bien plus tard par un second, très différent, à l'initiative du Parti des Travailleurs, regroupant cette fois les partis politiques de la gauche locale.
De gauche, Patrice Thétier l'était bien sûr aussi par ses convictions politiques, qui n'étaient pas les miennes, ce qui ne l'empêchait pas de se montrer très ouvert à la discussion, très tolérant et respectueux des idées d'autrui. Il était de culture communiste, mais pas membre à ma connaissance du PCF. Un temps, il a été le plus jeune candidat sur la liste municipale de Daniel Le Meur. Mais il avait pris, depuis longtemps, ses distances avec le milieu politique, déçu sans être indifférent. Son espoir, il le mettait dans la jeunesse, les nouvelles générations, comme il pouvait les rencontrer lors du festival de musique décalé Sérygolo, où nous pouvions nous retrouver.
Ce qui m'intéressait chez Patrice Thétier, ce qui rendait instructif nos échanges, c'est qu'il avait bien connu la gauche d'avant la droite, d'avant 1995, qui représente un peu à mes yeux la face cachée de la Lune, puisque c'est à ce moment-là que je suis arrivé à Saint-Quentin. La gauche aux responsabilités dans notre ville, je ne sais pas ce que c'est, et je suis persuadé que le présent s'explique par le passé. Patrice m'apportait de cette gauche une connaissance critique qui m'était précieuse, puisque plus grand monde, à part la droite mais de façon inévitablement partisane et polémique, ne parle de cette gauche municipale d'il y a vingt ou trente ans.
Homme de gauche, Patrice Thétier l'était surtout dans sa mentalité, très représentative de ce que j'appelle la gauche profonde, que je pouvais retrouver chez Gérard Martin, lui aussi disparu trop tôt, lui aussi responsable du syndicat SUD, lui aussi travaillant dans le secteur hospitalier. Patrice était combatif, au moral comme au physique, une force de la nature, et très attentif aux gens, à leurs problèmes, à leurs difficultés. Son militantisme était empreint d'une forte sensibilité, d'une humanité dont j'ai toujours pensé qu'elle trouvait sa source au contact des patients du centre psychiatrique, où il était moniteur-éducateur.
Patrice Thétier ne dissociait pas son engagement à gauche et son métier. Je crois que sa grande sincérité d'opinions venait de là. La politique n'était pas pour lui un jeu ou une comédie, sans doute parce qu'il n'avait pas succombé à l'attrait du pouvoir. En cet instant où il nous quitte, je garde en mémoire son visage, lumineux, souriant, sympathique, charmeur. Il faisait partie de ces personnes, pas si nombreuses que ça, qu'on rencontre sans crainte, sans appréhension, parce que leur franchise les met à l'abri de la susceptibilité ou d'une brouille personnelle, déterminés dans leurs convictions mais pas prise de tête. Je ne le reverrai plus dans les manifs, mais quand je croiserai les rangs de SUD-Santé, je penserai à lui, c'est sûr.
De gauche, Patrice Thétier l'était par son engagement syndical à SUD, ne manquant pas une seule manif (la dernière où nous nous sommes rencontrés, c'était sur les retraites). La première où j'ai fait sa connaissance était un peu particulière, il y a quelques années, devant l'entrée de l'hôpital de Saint-Quentin où il travaillait, dans une mobilisation, une sorte de sit in contre le parking payant. C'était l'époque du premier comité, constitué par les organisations syndicales, avant qu'il ne soit remplacé bien plus tard par un second, très différent, à l'initiative du Parti des Travailleurs, regroupant cette fois les partis politiques de la gauche locale.
De gauche, Patrice Thétier l'était bien sûr aussi par ses convictions politiques, qui n'étaient pas les miennes, ce qui ne l'empêchait pas de se montrer très ouvert à la discussion, très tolérant et respectueux des idées d'autrui. Il était de culture communiste, mais pas membre à ma connaissance du PCF. Un temps, il a été le plus jeune candidat sur la liste municipale de Daniel Le Meur. Mais il avait pris, depuis longtemps, ses distances avec le milieu politique, déçu sans être indifférent. Son espoir, il le mettait dans la jeunesse, les nouvelles générations, comme il pouvait les rencontrer lors du festival de musique décalé Sérygolo, où nous pouvions nous retrouver.
Ce qui m'intéressait chez Patrice Thétier, ce qui rendait instructif nos échanges, c'est qu'il avait bien connu la gauche d'avant la droite, d'avant 1995, qui représente un peu à mes yeux la face cachée de la Lune, puisque c'est à ce moment-là que je suis arrivé à Saint-Quentin. La gauche aux responsabilités dans notre ville, je ne sais pas ce que c'est, et je suis persuadé que le présent s'explique par le passé. Patrice m'apportait de cette gauche une connaissance critique qui m'était précieuse, puisque plus grand monde, à part la droite mais de façon inévitablement partisane et polémique, ne parle de cette gauche municipale d'il y a vingt ou trente ans.
Homme de gauche, Patrice Thétier l'était surtout dans sa mentalité, très représentative de ce que j'appelle la gauche profonde, que je pouvais retrouver chez Gérard Martin, lui aussi disparu trop tôt, lui aussi responsable du syndicat SUD, lui aussi travaillant dans le secteur hospitalier. Patrice était combatif, au moral comme au physique, une force de la nature, et très attentif aux gens, à leurs problèmes, à leurs difficultés. Son militantisme était empreint d'une forte sensibilité, d'une humanité dont j'ai toujours pensé qu'elle trouvait sa source au contact des patients du centre psychiatrique, où il était moniteur-éducateur.
Patrice Thétier ne dissociait pas son engagement à gauche et son métier. Je crois que sa grande sincérité d'opinions venait de là. La politique n'était pas pour lui un jeu ou une comédie, sans doute parce qu'il n'avait pas succombé à l'attrait du pouvoir. En cet instant où il nous quitte, je garde en mémoire son visage, lumineux, souriant, sympathique, charmeur. Il faisait partie de ces personnes, pas si nombreuses que ça, qu'on rencontre sans crainte, sans appréhension, parce que leur franchise les met à l'abri de la susceptibilité ou d'une brouille personnelle, déterminés dans leurs convictions mais pas prise de tête. Je ne le reverrai plus dans les manifs, mais quand je croiserai les rangs de SUD-Santé, je penserai à lui, c'est sûr.
lundi 1 août 2011
Début de ramadan.
Il n'y a pas si longtemps, le début du ramadan se faisait à peine remarquer. Aujourd'hui, il est annoncé et commenté largement, sans qu'on sache d'ailleurs si la pratique a vraiment progressé ni le nombre exact de ceux qui s'y adonnent, puisque ces statistiques sont interdites dans la République française.
En tant que laïque, cette curiosité et cet intérêt de notre société pour la période de jeûne musulman ne me dérangent pas : chacun fait ce qu'il veut, en pense et en dit ce qu'il veut. Liberté, c'est le premier principe de la République. Notre pays se convertirait-il majoritairement au ramadan et à l'islam que ça me laisserait indifférent : un laïque ne juge pas des choix spirituels et de leurs règles alimentaires, majoritaires ou minoritaires, qui relèvent de la vie privée. J'en tirerais sûrement des réflexions sociologiques, philosophiques ou morales, mais pas politiques.
Je constate cependant, autour de moi, régulièrement, des remarques embarrassées, irritées, critiques à l'égard du ramadan et de son ampleur prise, réelle ou supposée. Ce n'est pas fondamentalement du racisme ou du frontisme, cette gêne se revêt parfois des habits de la laïcité, mais ce n'est qu'un accoutrement : le laïque véritable rejette tout mouvement d'humeur envers une confession, au nom de la tolérance, autre grand principe démocratique. La religion a le droit d'exister et de se manifester en République, pourvu qu'elle ne vise pas le pouvoir ou à imposer ses moeurs à autrui, ce que les musulmans n'ont évidemment pas en tête en entrant dans leur période de ramadan.
A titre personnel cette fois, le ramadan est une expérience de vie qui me semble intéressante, quoique n'étant pas pour ma part musulman (mais cette pratique est commune à bien des religions): appliquer à une part de notre intimité, l'alimentation, une règle relativement stricte, choisir d'établir un rapport particulier et inhabituel avec notre corps pendant une durée déterminée, rompre avec les modes de vie ordinaires que nous impose plus ou moins la société de consommation, se confronter à la nécessité biologique pour tenter de la dépasser, oui cette démarche mérite attention et réflexion, si tel est bien sûr notre goût.
J'éprouve pourtant une réticence, je rencontre une limite dans cette préoccupation pour le ramadan. Quand celui-ci devient un signe identitaire, un pur réflexe communautaire, une simple tradition qu'on répète, une consigne éthique dépourvue de tout sens ou fondement spirituels, je le délaisse, ça ne m'intéresse plus, je pense à ces gens dans mon enfance (et encore aujourd'hui !) qui allait à la messe par habitude familiale, par convention, par ancienneté si j'ose dire. Il est recommandé dans les Évangiles (Matthieu, 6-16) de "jeûner en secret", pour préserver la valeur et l'authenticité de la foi, ne pas en faire une convention sociale, aussi creuse et superficielle que n'importe quelle convention sociale.
Je vois une dernière interprétation possible dans cet engouement pour le ramadan : le besoin de distinction, de différenciation, très présent dans les sociétés contemporaines occidentales. Le paradoxe (mais ce n'est ni le premier ni le seul !), c'est que notre monde individualiste reprend à son compte une pratique ancestrale, en fait une singularité parmi d'autres, puisque l'individualisme touche aussi maintenant la bouffe.
Récemment, invité à un repas familial, j'ai été surpris quelques jours auparavant par un courriel de mon hôte me priant de lui préciser mes préférences alimentaires, mes plats proscrits, mes possibles allergies et mon éventuel régime ! (franchement, est-ce que j'ai une tête et un ventre à faire un régime ?!). Il y a une trentaine d'années, dans la même situation, personne ne demandait, avant un repas, quoi que ce soit : la politesse exigeait même de manger sans remarques ce qu'on vous offrait, d'aller jusqu'à féliciter la maîtresse de maison y compris lorsque la nourriture ne plaisait pas. Ces temps-là sont terminés. Regain du ramadan, nouvelle époque : tout est lié. On croit régresser, on est en réalité plus moderne que jamais, à tort ou à raison.
En tant que laïque, cette curiosité et cet intérêt de notre société pour la période de jeûne musulman ne me dérangent pas : chacun fait ce qu'il veut, en pense et en dit ce qu'il veut. Liberté, c'est le premier principe de la République. Notre pays se convertirait-il majoritairement au ramadan et à l'islam que ça me laisserait indifférent : un laïque ne juge pas des choix spirituels et de leurs règles alimentaires, majoritaires ou minoritaires, qui relèvent de la vie privée. J'en tirerais sûrement des réflexions sociologiques, philosophiques ou morales, mais pas politiques.
Je constate cependant, autour de moi, régulièrement, des remarques embarrassées, irritées, critiques à l'égard du ramadan et de son ampleur prise, réelle ou supposée. Ce n'est pas fondamentalement du racisme ou du frontisme, cette gêne se revêt parfois des habits de la laïcité, mais ce n'est qu'un accoutrement : le laïque véritable rejette tout mouvement d'humeur envers une confession, au nom de la tolérance, autre grand principe démocratique. La religion a le droit d'exister et de se manifester en République, pourvu qu'elle ne vise pas le pouvoir ou à imposer ses moeurs à autrui, ce que les musulmans n'ont évidemment pas en tête en entrant dans leur période de ramadan.
A titre personnel cette fois, le ramadan est une expérience de vie qui me semble intéressante, quoique n'étant pas pour ma part musulman (mais cette pratique est commune à bien des religions): appliquer à une part de notre intimité, l'alimentation, une règle relativement stricte, choisir d'établir un rapport particulier et inhabituel avec notre corps pendant une durée déterminée, rompre avec les modes de vie ordinaires que nous impose plus ou moins la société de consommation, se confronter à la nécessité biologique pour tenter de la dépasser, oui cette démarche mérite attention et réflexion, si tel est bien sûr notre goût.
J'éprouve pourtant une réticence, je rencontre une limite dans cette préoccupation pour le ramadan. Quand celui-ci devient un signe identitaire, un pur réflexe communautaire, une simple tradition qu'on répète, une consigne éthique dépourvue de tout sens ou fondement spirituels, je le délaisse, ça ne m'intéresse plus, je pense à ces gens dans mon enfance (et encore aujourd'hui !) qui allait à la messe par habitude familiale, par convention, par ancienneté si j'ose dire. Il est recommandé dans les Évangiles (Matthieu, 6-16) de "jeûner en secret", pour préserver la valeur et l'authenticité de la foi, ne pas en faire une convention sociale, aussi creuse et superficielle que n'importe quelle convention sociale.
Je vois une dernière interprétation possible dans cet engouement pour le ramadan : le besoin de distinction, de différenciation, très présent dans les sociétés contemporaines occidentales. Le paradoxe (mais ce n'est ni le premier ni le seul !), c'est que notre monde individualiste reprend à son compte une pratique ancestrale, en fait une singularité parmi d'autres, puisque l'individualisme touche aussi maintenant la bouffe.
Récemment, invité à un repas familial, j'ai été surpris quelques jours auparavant par un courriel de mon hôte me priant de lui préciser mes préférences alimentaires, mes plats proscrits, mes possibles allergies et mon éventuel régime ! (franchement, est-ce que j'ai une tête et un ventre à faire un régime ?!). Il y a une trentaine d'années, dans la même situation, personne ne demandait, avant un repas, quoi que ce soit : la politesse exigeait même de manger sans remarques ce qu'on vous offrait, d'aller jusqu'à féliciter la maîtresse de maison y compris lorsque la nourriture ne plaisait pas. Ces temps-là sont terminés. Regain du ramadan, nouvelle époque : tout est lié. On croit régresser, on est en réalité plus moderne que jamais, à tort ou à raison.
dimanche 31 juillet 2011
Fait divers.
L'été, l'actualité locale est plus douce. La tragédie n'est certes jamais complètement absente (voir les accidents de la route, dans l'Aisne, cette semaine). Mais les conflits semblent moins nombreux, comme si le malheur lui aussi était en congés. Pourtant, dans le Courrier Picard d'aujourd'hui, j'ai été marqué par une photographie particulièrement violente, et même, je crois, unique en son genre, une incroyable mise en scène : un homme au visage meurtri pose avec une bouteille d'essence dans une main et un briquet dans l'autre. Le titre est sans ambiguïté sur ses intentions : c'est bien d'un projet d'immolation dont il s'agit !
Le parvis du tribunal de Saint-Quentin, devant le palais de Fervaques, en a vu d'autres : des manifestants avec banderoles, des grèves de la faim, des personnes s'enchaînant aux grilles. Mais une immolation, jamais. Autant les actes symboliques sont compréhensibles en matière d'interpellation de la Justice, autant mettre fin à ses jours ou se blesser grièvement par le feu est un geste hors-norme, sans commune mesure avec l'affaire incriminée, en l'occurrence fort embrouillée (un mariage blanc à base de manipulation familiale débouchant sur un détournement bancaire).
Quelle que soit la gravité du préjudice, le désespoir du plaignant, ses récriminations envers la Justice (il attend une réponse à ses quatre plaintes), elles ne justifient absolument pas cette atroce décision d'immolation, qu'il a fixée à demain. Je suis circonspect : est-ce une façon d'attirer l'attention via les médias, une menace pour faire peur, sans intention de passer à l'acte ? A moins que l'intention soit sincère, motivée par un coup de folie (car l'homme, en dépit de son exaspération, pourrait fort bien faire confiance à la Loi, au travail de la police et aux conclusions des magistrats) ?
Ce fait divers qui trouble notre quiétude dominicale est sans doute révélateur de nouveaux comportements des justiciables, qui s'irritent des "lenteurs" de la Justice (alors que sa précipitation lui serait préjudiciable), qui s'adressent à elle tout en ne croyant pas en elle (ce qui est évidemment contradictoire). Ce sentiment d'injustice, lui-même injuste dans son excès qui va jusqu'au fanatisme, va chercher auprès de la presse un moyen d'expression qu'il ne trouve pas ailleurs, ce qui pose un problème de déontologie journalistique : faut-il relayer ce genre de revendication au risque de lui donner une forme de légitimité ou bien faut-il l'ignorer au risque d'étouffer une injustice ? C'est aussi le statut du fait divers qui interroge : épisode judiciaire qui ne mérite que quelques lignes ou fait de société qui réclame tout un papier ?
En tout cas, espérons que l'article du Courrier Picard alarme les autorités et désarme ainsi l'acte suicidaire prévu pour lundi. Si sa conséquence est celle-là, sa rédaction n'aura pas été inutile.
Le parvis du tribunal de Saint-Quentin, devant le palais de Fervaques, en a vu d'autres : des manifestants avec banderoles, des grèves de la faim, des personnes s'enchaînant aux grilles. Mais une immolation, jamais. Autant les actes symboliques sont compréhensibles en matière d'interpellation de la Justice, autant mettre fin à ses jours ou se blesser grièvement par le feu est un geste hors-norme, sans commune mesure avec l'affaire incriminée, en l'occurrence fort embrouillée (un mariage blanc à base de manipulation familiale débouchant sur un détournement bancaire).
Quelle que soit la gravité du préjudice, le désespoir du plaignant, ses récriminations envers la Justice (il attend une réponse à ses quatre plaintes), elles ne justifient absolument pas cette atroce décision d'immolation, qu'il a fixée à demain. Je suis circonspect : est-ce une façon d'attirer l'attention via les médias, une menace pour faire peur, sans intention de passer à l'acte ? A moins que l'intention soit sincère, motivée par un coup de folie (car l'homme, en dépit de son exaspération, pourrait fort bien faire confiance à la Loi, au travail de la police et aux conclusions des magistrats) ?
Ce fait divers qui trouble notre quiétude dominicale est sans doute révélateur de nouveaux comportements des justiciables, qui s'irritent des "lenteurs" de la Justice (alors que sa précipitation lui serait préjudiciable), qui s'adressent à elle tout en ne croyant pas en elle (ce qui est évidemment contradictoire). Ce sentiment d'injustice, lui-même injuste dans son excès qui va jusqu'au fanatisme, va chercher auprès de la presse un moyen d'expression qu'il ne trouve pas ailleurs, ce qui pose un problème de déontologie journalistique : faut-il relayer ce genre de revendication au risque de lui donner une forme de légitimité ou bien faut-il l'ignorer au risque d'étouffer une injustice ? C'est aussi le statut du fait divers qui interroge : épisode judiciaire qui ne mérite que quelques lignes ou fait de société qui réclame tout un papier ?
En tout cas, espérons que l'article du Courrier Picard alarme les autorités et désarme ainsi l'acte suicidaire prévu pour lundi. Si sa conséquence est celle-là, sa rédaction n'aura pas été inutile.
samedi 30 juillet 2011
Kubrick, ce géant, ce génie.
Magnifique journée passée à Paris, non pas seulement à cause du soleil renaissant, mais parce que j'ai visité la superbe exposition consacrée au cinéaste Stanley Kubrick, à la cinémathèque, quai de Bercy. Quatre heures à déambuler parmi les panneaux, à lire tous les textes, à regarder les extraits de films : une expo grandiose, à la mesure de ce géant, de ce génie du cinéma.
Anecdote amusante et étonnante : à l'entrée, le garçon qui m'a remis mon ticket m'a demandé, pour ses statistiques, d'où je venais. Quand il m'a entendu dire "Saint-Quentin", il a demandé : dans l'Aisne ? Tenez-vous bien : il connaît la classe préparatoire de mon lycée, sa prof de philo au lycée Lakanal ayant enseigné il y a quelques années à Henri-Martin, avec un excellent souvenir de l'établissement !
De Stanley Kubrick, je retiens, pour des raisons très particulières, deux films dans une oeuvre de toute façon magistrale de bout en bout : d'abord, mon préféré, le meilleur d'entre tous selon moi, et pourtant le moins kubrickien, le moins métaphysique, le moins spectaculaire (bien qu'il le soit à sa façon) : Barry Lyndon. Ensuite, 2 001 odyssée de l'espace, non pas parce que c'est le plus connu, le plus apprécié et le plus philosophique, mais c'est parce c'est son seul et unique film optimiste.
En effet,si j'admire le génie de Kubrick, je n'adhère pas complètement à sa vision de l'humanité, foncièrement pessimiste, parfois tragique, sans grande trace d'espérance. C'est un auteur lucide, terriblement humain mais pas humaniste. Quant à la formalisation de ses films, le style est éblouissant, la technique prodigieuse mais le sens est parfois abscons. Après plusieurs visionnages, je ne saisis toujours pas très bien plusieurs scènes de 2 001. Les esthètes m'expliquent que c'est normal, qu'il n'y a rien à comprendre, qu'il faut se laisser inspirer par les images. Je veux bien, mais ça me gêne un peu, je suis trop rationnel pour ce genre d'art.
La plus belle partie de l'exposition, la plus originale, c'est la fin, le film que Stanley Kubrick n'a jamais fait, qu'il rêvait de faire et qu'il annonçait comme son plus grand, sur Napoléon, pour lequel il éprouvait une incroyable passion, jusqu'à rédiger des milliers de fiches sur sa vie et sa personnalité. Le projet était tellement gigantesque qu'il n'a jamais pu financièrement voir le jour. Curieux bonhomme que ce Kubrick, atypique, étrange, incomparable. Son oeuvre est foncièrement dérangeante, beaucoup de ces films ont provoqué le scandale, plusieurs ont été censurés ou interdits.
Mais si j'avais un dernier et seul mérite à retenir, ce serait la volonté qu'a eu constamment Stanley Kubrick de faire un cinéma de qualité, pas nécessairement facile d'accès, fortement métaphysique, qui soit en même temps populaire, grand public, et pour le dire bêtement : "commercial". C'est une vertu très rare sur le grand écran : soit nous avons un cinéma d'auteur, d'art et essai, réservé à l'élite cultivée, soit nous tombons dans le pur et simple divertissement. Kubrick a réussi le miracle de concilier les deux.
Il vous reste une journée, celle de demain, pour visiter l'expo. Sinon, faites ce que je vais faire d'ici quelques jours : prendre les dvd à la bibliothèque municipale et s'enfermer chez soi pendant quarante-huit heures, toutes sonneries débranchées, pour se passer à la suite les principaux chefs-d'oeuvre de Stanley Kubrick. Ils le valent bien !
Anecdote amusante et étonnante : à l'entrée, le garçon qui m'a remis mon ticket m'a demandé, pour ses statistiques, d'où je venais. Quand il m'a entendu dire "Saint-Quentin", il a demandé : dans l'Aisne ? Tenez-vous bien : il connaît la classe préparatoire de mon lycée, sa prof de philo au lycée Lakanal ayant enseigné il y a quelques années à Henri-Martin, avec un excellent souvenir de l'établissement !
De Stanley Kubrick, je retiens, pour des raisons très particulières, deux films dans une oeuvre de toute façon magistrale de bout en bout : d'abord, mon préféré, le meilleur d'entre tous selon moi, et pourtant le moins kubrickien, le moins métaphysique, le moins spectaculaire (bien qu'il le soit à sa façon) : Barry Lyndon. Ensuite, 2 001 odyssée de l'espace, non pas parce que c'est le plus connu, le plus apprécié et le plus philosophique, mais c'est parce c'est son seul et unique film optimiste.
En effet,si j'admire le génie de Kubrick, je n'adhère pas complètement à sa vision de l'humanité, foncièrement pessimiste, parfois tragique, sans grande trace d'espérance. C'est un auteur lucide, terriblement humain mais pas humaniste. Quant à la formalisation de ses films, le style est éblouissant, la technique prodigieuse mais le sens est parfois abscons. Après plusieurs visionnages, je ne saisis toujours pas très bien plusieurs scènes de 2 001. Les esthètes m'expliquent que c'est normal, qu'il n'y a rien à comprendre, qu'il faut se laisser inspirer par les images. Je veux bien, mais ça me gêne un peu, je suis trop rationnel pour ce genre d'art.
La plus belle partie de l'exposition, la plus originale, c'est la fin, le film que Stanley Kubrick n'a jamais fait, qu'il rêvait de faire et qu'il annonçait comme son plus grand, sur Napoléon, pour lequel il éprouvait une incroyable passion, jusqu'à rédiger des milliers de fiches sur sa vie et sa personnalité. Le projet était tellement gigantesque qu'il n'a jamais pu financièrement voir le jour. Curieux bonhomme que ce Kubrick, atypique, étrange, incomparable. Son oeuvre est foncièrement dérangeante, beaucoup de ces films ont provoqué le scandale, plusieurs ont été censurés ou interdits.
Mais si j'avais un dernier et seul mérite à retenir, ce serait la volonté qu'a eu constamment Stanley Kubrick de faire un cinéma de qualité, pas nécessairement facile d'accès, fortement métaphysique, qui soit en même temps populaire, grand public, et pour le dire bêtement : "commercial". C'est une vertu très rare sur le grand écran : soit nous avons un cinéma d'auteur, d'art et essai, réservé à l'élite cultivée, soit nous tombons dans le pur et simple divertissement. Kubrick a réussi le miracle de concilier les deux.
Il vous reste une journée, celle de demain, pour visiter l'expo. Sinon, faites ce que je vais faire d'ici quelques jours : prendre les dvd à la bibliothèque municipale et s'enfermer chez soi pendant quarante-huit heures, toutes sonneries débranchées, pour se passer à la suite les principaux chefs-d'oeuvre de Stanley Kubrick. Ils le valent bien !
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